Mésange

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Close up butterfly wings——- source image

 

Dans l’encadrement de la fenêtre
le rosier dessine les diagonales
et le vent les efface
surgit dans mon champ de vision
le papillon jaune et bleu qui hier
butinait sans relâche mon espoir
mais non ce qui s’envole sans soucis
est une mésange et sa parole
comme une chanson qu’on plante
dans le ciel pour ne plus avoir
rien à oublier

Cartographe

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J’avais dressé la carte d’un pays qui n’était pas le mien afin de rechercher le chemin qui me conduirait ailleurs.

Le détail avait une place et le détail du détail avait la possibilité de demeurer comme on habite un miroir.

Forêts et bosquets se signifiaient par la présence de couleurs galopant du noir au brun très sombre.

Les nuages violets parlaient un langage minéral et les rivières paisiblement passaient en cessant d’avoir à être des frontières.

Les verts ne désignaient rien.

Sur ma carte, il y avait plein d’endroits en devenir.

De lieux où les songes se prolongent.

De lieux où le rêve s’incruste et déploie ses chevelures.

Même l’ombilic du coquillage s’apercevait sur la carte.
Comprenant que mon dessin serait utilisé pour exclure certains, je lui ai ajouté l’œil d’un cyclone et quelques dépressions bien froides.

Peu à peu, la carte a rassemblé assez de force pour paraître  représenter un pays improbable au quel personne ne croît.

C’est là pourtant sous la brume,

sous l’épaisse couche de laves que je me cache et continue à chercher un chemin

que parfois je croise ton regard.


Image ©Bertrand Els

Antre

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Cave- Bertrand Els

©Bertand Els

Mémoire minérale assemble
heures et journées
en faisant d’elles coulées de laves
ruissellements d’étoffes chaudes et froides
objet improbable optant pour la fluidité du feu
et la brûlure sèche de la faille
écriture folle à lier déliant les langues ancestrales
celles qui ne parlent jamais de la nuit en la dénonçant
toujours ma solitude enrayée divague
au plus profond d’elle le rêve et
ce qu’il reste d’éclats aux miroirs noirs
la transcription brisée hallucinée de
l’écho diffus
un enchevêtrement cosmique
se propage à la manière des vagues et des naissances
chaotiques

Painting

English garden——– Carlos San Millan– Ecuador

S’apparentent aux néants, les éclats d’algues venus se coller aux fenêtres de la maison.

Ils s’accumulent en lits épais et doux sur les plaies des rochers, dans les gorges de galets des calanques, en retrait.
Une colère se résume à l’écume, au goût salé sur mes lèvres de larmes que j’aimerais cacher tant elles me rendent laide.
Se noue au néant chaque mot avant sa naissance.
Comment toi, mon enfant, pourrais-tu comprendre que la raison fait de la vie une farce?

Il lui faut une folie pour éternellement l’incendier, la réalité.

Enclos

Portail Cluny

Je feuillette la ville comme un livre d’images.

Aux fenêtres,  je cherche des visages,

quand soudain ta main comme le songe d’une rose médiévale

se pose sur la branche d’un arbre

dont les fleurs sont blanches

et dont les feuilles mangent tendrement le temps.

Dans le jardin rougeoyant du musée de Cluny

naissent des choses qu’on appelle sentiments.

Je te vois, je te sens, tu me touches et je sais,

je suis une licorne et ce qui nous lie

ne porte que les noms que toi et moi

lui donnons.

Ramage

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Entre les plumes du tamaris le ciel

fait silence

la nuit se pose en formant des gouttes

parmi les feuillages

je rêve

les pensées me traversent

en formant des vagues

la nuit change de plumage

elle n’est plus complètement nue

des yeux de chats la regardent

et en reflètent mystérieusement l’éclat.

Puzzle

Dune I Jure Kravanja

La nuit est une pluie de flammes

Toutes cachent sous les rondeurs de leurs pétales

Ton corps contre le mien comme un bouquet

 

La nuit se glisse parfois entre nos paroles

Comme les nuages entre le ciel et la lune

Tes mains accueillent mes larmes

Ma bouche effleure ton âme

 

La nuit porte un masque de sable

Et frémit sans faire d’autre bruit

Que celui qui fait naître les étoiles.

 

Fortissimo

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Je suis un piano pourtant il ne te suffit pas de toucher mes larmes, d’effleurer ma bouche, d’embrasser mes lèvres et de promener tes mains comme une rivière sur l’entièreté de mon corps. Mon clavier se trouve à l’intérieur, derrière tous ces chemins abandonnés qu’on ne peut balayer d’un seul geste de la main. Il faut m’accorder. Il te faut ajuster une à une toutes les pièces du moteur de ta pensée. Arrondir les théories, déployer les vérités comme les ailes d’un voilier. Élaguer la poésie, rendre aux paysages ce qu’ils ont de plus simple, de plus tendre, de plus beau. Ne pas chercher de mots ni emprisonner de phrases mais produire des images épurées, colorer les sons, réchauffer de ton souffle l’espoir. Alors, derrière toutes les aurores, après avoir découvert la nuit, tu peux te poser sur l’ivoire nacré et sur l’ébène emblématique de mes touches et te mettre à jouer.

J…..

Lorsque la nuit se retire

comme la mer à marée basse

elle me laisse en face à face

avec un jour dont je n’aperçois pas encore les côtes

Il faut que je voyage en te suivant à la trace

Autour de toi la froide nuit n’existe pas

Les flots de lumière embrassent tes pieds

Il y a que toi qui puisses ainsi irradier la Beauté

Il n’y a que toi qui puisses me faire croire que le monde

marche à pas de velours comme les chats.

Face au restant du monde

Entre ta peau et les étoffes qui recouvrent ton corps

dans cette parcelle de liberté infime

que la lumière parfume de rose

je me love

sur tes frontières impalpables

j’appose comme une onde chaude

mon frémissement face au restant du monde

mon trouble un trait d’union noir

et souple pour démultiplier

les splendeurs de tes contrastes

coups de fouet somptueux

à la laideur pour qu’elle s’en aille

coups de crayon incisifs pour mon âme

afin qu’elle reste là éternellement

à se fondre à

ta source