Petite

La Petite

Petite

et un profil que finissent les fils d’une moustache

une bille de cristal se cache

dans la cavité oculaire

une rose des sables pour sentir l’univers

petite

les doigts sont des boutons de rose recouverts du duvet frais

de la neige

l’infini joue du piano sur les vertèbres d’une rivière qui prend sa source dans l’anneau noir d’une goutte de nuit

petite

enfant fauve

petite

chose endormie dans le pli où l’étoffe de la roche et celui de ta robe

se rapprochent et se mélangent

et se confondent et se perdent

il ne reste que

petite

la tache blanche et lumineuse de ton esprit

qui flotte dans la nuit

Mais oui, bien sûr!

Ses mains aux ongles de nacre rose sont posées sur le lac immaculé du drap qui le borde jusqu’au buste. Je viens de lui signaler que la lune ce matin a déposé son tout petit baiser sur ma joue. Il dort. Il n’entend rien. Il ne sait pas qu’elle était rousse, que son visage illuminé semblait frôler la cime des arbres gelés.

La mort est en train de faire un nœud dans ma gorge, je ne veux pas qu’il me voie pleurer. J’ai peur, j’ai froid.

Devant le médecin, voilà qu’il se transforme en statue. Il ne dit rien, il ne répond rien comme s’il était déjà parti.

Ma main le retient : «  dis-moi, puis-je revenir demain ? »

Rose

Crystalized Rose_Tokujin Yoshioka

Je ne suis plus qu’une forêt

de nervures

ma sensible défaite à la surface d’un ruisseau

pris par la glace crisse au contact de ta voix

la déchirure de l’hiver soudain éveille en toi

le soleil blanc de ton éternelle jeunesse

 tu n’attendais plus

que cet incendie de larmes

pour renaître

à ton plus beau principe