Finalité

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Anish Kapoor, Zonder titel 1992 polystyreen, aluminium, fiberglas, acrylmedium en pigment diameter 220 cm, ruimte 480 x 240 x 380 cm 1993.AK.01

Parmi les nuages
la nuit
l’hiver
le froid
la pluie
la lune
elle finit par descendre et se pose
sur les branches d’un pin aux aiguilles argentées
elle choisit sûrement celui
qui la suivra un jour
enfin ce sera moi
parmi les nuages
la nuit
l’hiver
dans le froid et la pluie
je vois ton visage celui
que tu n’avais pas alors
que tu étais encore en vie


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Or

Artem Ogurtsov
Artem Ogurtsov

L’or est dans le regard

Du lys blanc

Tu le frôles frelon vrombissant

Tu emportes le printemps

Comme un pigment

pour faire tinter l’horizon

L’or est dans l’iris

du loup

du chat

du lion descendu de la montagne

Dans les flammes vertes et les aiguilles des buissons

qui rongent les ombres et frémissent

les pupilles brillent et se fendent

La mort s’envole en croassant

Juste avant que la lune naisse

L’or est dans la tresse de cette folle

Sa plénitude te transperce

comme le dard de cette fleur

dont les parfums habillent

la nue

Les pastilles

On dirait des pustules

mais

détrompez-vous

ce sont les pastilles

que j’avale

à vie

pour empêcher que

mes idées ne cavalent

en donnant leurs paroles

à l’araignée de la mort.

Tout ce que je ne comprends pas

J’ai peur. Ne me demande pas de quoi. Je ne sais pas. Peut-être n’ai-je peur que de moi. Sans comprendre pourquoi, je sens la peur en moi. D’abord, toute petite, elle se déploie alors que je respire. Elle prend toute la place. Elle sort de mon poing, saute sur mon cœur, galope dans mes veines et se couche sur mes poumons. Elle me fait perdre la voix, brouille ma vue de larmes et picore quelques uns de mes plus beaux rêves pour que je les oublie. J’ai peur.

J’ai peur du noir, celui de l’ombre, celui de la nuit et des morts. Je n’ai pas peur du bleu, même très foncé. J’ai peur du rouge, celui du piment, celui du sang, celui qui pue la haine. Je n’ai pas peur du rose. J’ai peur du jaune. J’ai peur des hypocrites, on ne sait pas ce qu’ils pensent. Ils ne parlent pas clairement, se cachent derrière les doubles sens. Au lieu de jouer, ils tuent l’espérance. J’ai peur du gris. Celui de l’orage et de la pluie. J’ai peur du bruit. Violent . J’ai peur du silence. J’ai peur de la souffrance, la torture qu’elle impose à l’autre. J’ai peur de la douleur, sous toutes ses formes, même les plus petites. J’ai peur des rats qui transmettent la peste et des chiens que l’on dressent à mordre. J’ai peur des femmes. J’ai peur des bourreaux, des joueurs de rugby et de foot. Ma peur devrait pouvoir se limiter à cela, ne crois-tu pas? Et bien non, là où je m’habitue à elle, elle ne reste pas. J’ai peur de tout ce que je ne comprends pas.