Orage

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©Bertrand Els via https://www.facebook.com/profile.php?id=100011021192160

Au dessus de la mer
le ciel est un mirage
la ligne imaginaire
qui les joint l’un à l’autre
est absente
tirée par un cil de lune
une vague et son écume
annoncent les nuages

une gorgée de vent
une gorgée de ciel
une gorgée de source d’entre les pierres
l’orage est en mer
mais qui s’en soucie ici

un cheval comme une nef
rapporte du large
une robe presque noire
déjà grise fouettée de lumière encerclée
d’ombres formant des o

Ce qui bouillonne je le comprends
c’est ce que personne ne peut voir
de prime abord
cet univers sous-jacent qui prend tant d’espace

sous la surface où accourent les larmes
se mélangent en un éclair

impressions et sentiments

se défont de leur fourreau de soie quelques
psychés
la nuit se rempli de chants
inouïs

Émanation

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Phoenician, 700 – 650 BC

La mer est telle que le ciel
est devenu un fantôme
au loin les îles sont des pièces d’étoffes bleues
épaules bras hanches mains étaient des calanques
la mer tellement souple
ses vagues
à peine soufflent une suite
à la nue
se soulève en moi l’immense doute
depuis que je suis née ce poulpe
glisse son amertume dans mes soutes
la mer fille des flammes
pleure

Île

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Google Maps imagery on Stratocam.com

 

Sur la mer se pose
une île imaginaire     elle décrit  comme
s’ils étaient des fantômes  les autres
continents    parfois    très grands
ce   qu’elle a          à dire
revient presqu’au
silence
Elle résume l’île le néant
invisible à celles qui ne contemplent rien
l’île liquide s’écoule se gonfle recèle
s’éteint      revient      comme
si elle
n’était qu’un simple courant marin
parcourue par la lumière


source image

Brouillards

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Yamamoto Masao

Derrière le mur de nuages, un ciel avance, la nuit progresse. Et ce que j’entends au loin, ce n’est pas un avion qui déchire le temps, ce n’est pas un orage en train de naître. C’est un hêtre. Il respire plus fort que tous les autres. Il respire en faisant un bruit de mer. Il déverse ses branches pâles comme les vagues l’écume sur la plage.
L’arbre n’a plus pour feuilles que les larmes froides du brouillard. il a créé la confusion dans mon esprit. Un instant j’ai cru voir au bout de l’avenue, la mer nue se cabrer comme un cheval sauvage.

Processus

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le jeu inhérent au monde peut commencer
en même temps que le jour
je commence ma partie en le contemplant
pourquoi ne serait-il plus possible
de simplement admirer ce à quoi
je ne prête que des mots
peu m’importe qu’une voix
dans mon dos
répète qu’ils sont tous faux
le ciel est un pétale
la colline un fauve
la mer échange
brumes contre reflets et
ondes contre ondes


image: Bertrand Vanden Elsacker

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Octaves

Jorinde Voigt, Konstellation 4 Horizonte I-II, (2012)

sur la mer il n’y a rien

qu’un immense nuage gris perle

en moi je sens bien

que demeure éternel

un poulpe géant

berçant ses huit bras tentaculaires

 

sur la mer il pleut

d’infimes touches

ébène et ivoire

la pluie est une pianiste

ses mains sont remplies

de larmes

L’heure bleue

Dan Holdsworth | Fubiz™
Dan Holdsworth | Fubiz™

Je marche vers le bord de la falaise et mes pas font crisser le sol glacé

la neige fraîche froufroute comme une étoffe de soie naturelle

j’aperçois

au delà des collines portant la végétation sauvage comme un manteau de zibeline

la mer

modelée par un soleil d’hiver

comme une coupelle en pâte de verre

elle luit et boit paisiblement la lumière.

 

Tombeaux

Paper Hummingbird by Cheong-an Hwang

L’oiseau blessé de ton enfance dort dans la dune face à la mer.

La dune à la chevelure hirsute regarde vague après vague le temps se défaire de son importance.

Quand les nuages comme un troupeau aveugle broutent l’écume, l’oiseau a envie d’étendre les ailes.

L’écume chatouille la plage qui rit et s’encourt comme une petite fille.

Le vent pousse les vagues à creuser des tombeaux pour les navires et pour les songes.

L’oiseau parfois se croit fait de sable quand le soleil avant de se coucher le disperse dans le ciel comme un pigment.

Il n’y a que toi pour savoir que ce qu’il te reste de cet oiseau meurtri ne sont que quelques plumes

blanches bercées par les bleus inouïs des marées.

Les étoiles

Les étoiles s’allument

mais où est la lune

la mer est le ciel de la terre

les nuages de vague en vague

nagent

la lune veut tirer vers elle

la grande couverture du ciel

tissée de bleus de verts de gris

le ciel est la mer de la terre

qu’est-ce qu’il se cache derrière

le soupir le souffle du temps

le vent