Champs de plumes

Debout sur le dos de la colline

quelques indiens et leurs chevaux

des champs de plumes et de cris

dévalent les pentes et avalent au passage

des morceaux de ciel des bribes de soleil

ailes ouvertes filtrant la lumière le milan

les moléculaires moucherons les fils des épeires

En mer d’écueil en écueil les vagues évitent la mort

et moi tous les mots qui font peur

Vie

Les pièces du puzzle sont les pattes d’un gecko immobile
elles s’agrippent à la vie comme à la paroi d’une feuille lisse

des deltas de rivières
des méandres de mers
des mangroves hallucinées

tellement  de bribes

la nuit le rêve essaye de renouer les lambeaux
comme si le temps ne tenait qu’à un fil

décomposée de multiples fois
à l’infini
partie 
d’un dédale démesuré


Je suis un mur évanoui

me reconstruire revient à recréer mon éboulement

je m’effondre quotidiennement

peu importe puisque

une fourmi toujours porte un grain de moi-même

au nid mille fois né 

Source images: ici

Traitement

 

Chacune de mes lignes devrait vous délivrer l’un de mes traits mais cela n’est pas vrai.

La ressemblance n’est qu’une apparence. Une partie, le tiers pour être précise dessine un pan de la réalité. Le reste est constitué de bribes inventées. Le tout est mouliné finement jusqu’à obtenir quelques choses impalpables : des phrases.

Allez donc savoir où j’ai pêché l’idée, son spectre, son ombre, son détour.

Chacun de mes traits devrait vous servir à dessiner mon portrait.  Et si je n’existais pas ?

Qui donc porterait mon image ?

Lequel de nous deux est en train de fabuler, de transformer la réalité ?

Je ne suis textuellement pas présente ici. Ni là, ni ailleurs, ni nulle part.

Mais elle et nous, sont-ils traités correctement ?