Painting

English garden——– Carlos San Millan– Ecuador

S’apparentent aux néants, les éclats d’algues venus se coller aux fenêtres de la maison.

Ils s’accumulent en lits épais et doux sur les plaies des rochers, dans les gorges de galets des calanques, en retrait.
Une colère se résume à l’écume, au goût salé sur mes lèvres de larmes que j’aimerais cacher tant elles me rendent laide.
Se noue au néant chaque mot avant sa naissance.
Comment toi, mon enfant, pourrais-tu comprendre que la raison fait de la vie une farce?

Il lui faut une folie pour éternellement l’incendier, la réalité.

Précipitations

Hans Hartung(German/French,1904-1989

Hans Hartung(German/French,1904-1989

Le vent m’arrache les larmes des yeux.

Le ciel vient les boire dans les creux.

Mes rêves seraient des fontaines pour les nuages,

à moins que ce soient mes pensées évadées

qui épuisent leurs sources?

Le vieil automne porte sur l’arrête osseuse de sa colonne vertébrale des montagnes bleues.

Non, je ne veux m’associer à cette cruauté de voler les larmes de l’été!

Puzzle

Dune I Jure Kravanja

La nuit est une pluie de flammes

Toutes cachent sous les rondeurs de leurs pétales

Ton corps contre le mien comme un bouquet

 

La nuit se glisse parfois entre nos paroles

Comme les nuages entre le ciel et la lune

Tes mains accueillent mes larmes

Ma bouche effleure ton âme

 

La nuit porte un masque de sable

Et frémit sans faire d’autre bruit

Que celui qui fait naître les étoiles.

 

Ta voix

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Je crois qu’il s’agit d’un nuage venu depuis derrière l’horizon. J’entends comme il déploie ses ailes semblables à celle de l’albatros hurleur. Mais c’est ta voix, onde profonde qui tombe solennellement sur moi comme les auréoles du soleil.

Agile, elle monte jusqu’à rayer les larmes et puis elle s’en va à pas de chat. Elle rebondit, danse et saute. Ta voix réchauffe l’air de ses origines masculines. On croit qu’elle sombre mais elle plane dans une même et seule caresse. Elle n’est ni rauque, ni fade, elle est grave et lucide.

Si j’osais regarder le ciel, je pourrais savoir qu’il ressemble à une perle ayant le même éclat presque dissipé de ta personne.

Tu n’oses pas porter ta voix parce qu’elle ne ressemble à aucune définition qu’on invente pour corrompre. Tu crois qu’elle se déforme, qu’elle te trahit laidement alors qu’elle pose tes phrases comme si elles n’avaient pas de poids alors qu’elles décrivent l’étrange chose invincible qui brille en toi.

Ta voix n’est pas une flétrissure, une porte qui claque, quelque chose qui se calque. Ta voix n’est pas celle d’un mort, ni celle de ce fantôme qui se répète à l’infini sans jamais entendre qu’à l’intérieur de lui il n’ y a qu’un simple puits.

Tu te punis, j’entends que parfois tu l’étires comme si elle n’était qu’un vulgaire élastique, que tu la promènes dans les rues glauques qui n’ont que les regards des avares et des charognes qu’ils dévorent.

Ta voix ne parle pas pour les autres, elle ne parle que pour toi des mélodies complexes que forme harmonieusement ton esprit depuis que tu es tout petit.

à B.