À haute voix
L’amour agile se leva
Avec de si brillants éclats
Que dans son grenier le cerveau
Eut peur de tout avouer.À haute voix
Tous les corbeaux du sang couvrirent
La mémoire d’autres naissances
Puis renversés dans la lumière
L’avenir roué de baisers.Injustice impossible un seul être est au monde
L’amour choisit l’amour sans changer de visage.
Immaculée
Doucement
Baume
Face au restant du monde

Entre ta peau et les étoffes qui recouvrent ton corps
dans cette parcelle de liberté infime
que la lumière parfume de rose
je me love
sur tes frontières impalpables
j’appose comme une onde chaude
mon frémissement face au restant du monde
mon trouble un trait d’union noir
et souple pour démultiplier
les splendeurs de tes contrastes
coups de fouet somptueux
à la laideur pour qu’elle s’en aille
coups de crayon incisifs pour mon âme
afin qu’elle reste là éternellement
à se fondre à
ta source

Je fais peu de cas des richesses,
L’Amour, je le tiens en mépris
Et le désir de Gloire ne fut qu’un rêve
Au matin évanoui –
Si je prie – la seule prière
Qui pour moi remue mes lèvres
Est – « laisse le coeur que je porte
Et donne-moi la liberté »
Oui, mes jours brefs approchant de leur terme,
C’est tout ce que j’implore –
A travers vie et mort, une âme sans chaînes
Et le courage d’endurer! –
***
Riches I hold in light esteem
And Love I laugh to scorn
And lust of Fame was but a dream
That vanished with the morn –
And if I pray – the only prayer
That moves my lips for me
Is – ‘Leave the heart that now I bear
And give me liberty’
Yes, as my swift days near their goal
‘Tis all that I implore –
Through life and…
Voir l’article original 17 mots de plus
_____________
Dans le lit d’un fleuve

Qing dynasty (1644–1911)
Une ombre semblable à une tache d’encre se déplace librement en moi comme le font les méduses dans l’océan. Le temps, la place qu’elle occupe s’imbibent fébrilement de son étrange transparence.
Fantôme de moi-même, empreinte fugace de mon âme, elle évolue sans jamais se hisser, sans jamais se fixer. Est-elle douée de la parole, serait-elle capable de se glisser dans l’habit sobre et princier de la conscience ? Probablement pas, cela ne la concerne pas, elle circule sans jamais se fixer à une raison. Quelle signification trouverait-elle à son errance ? Ce serait comme vouloir enfermer les saveurs du souvenir dans un flacon, dans une maudite phrase.
Une ombre me regarde du fond de mon puits sans jamais déposer sur mes lèvres un « parce que c’est ainsi ». Les « pourquoi » gardent le silence comme ces pierres polies où la patience d’un être noble imprime les résonances et fulgurances de la vie.
Liens wiki:
Le rocher

Koon Wai Bong(管偉邦 Chinese)
Mountains after rain
L’herbe ronge le sentier
et le sentier mène à la mer
la mer ronge le ciel
et le ciel se balance dans les arbres
comme les vagues entre les doigts du sable
les arbres s’écartent pour laisser passer
le sentier qui serpente comme une rivière
au lieu d’aller vite
se jeter aux pieds du rocher
qui ronge de son ombre la nuit
Langue de bois
J’oscille dans l’air
comme les brindilles
d’un incendie
ma voix suit celle de ces mystères
qui tremblent face au soleil dans les déserts
pourtant en moi coulera toujours
au delà des déclinaisons et des détours
une onde resplendissante de fraîcheur
qui te fera croire que ma parole naît vit et meurt
dans les ruisseaux qu’encadre la verdure
qu’enlace le soleil en laissant ses cigales
chanter et danser à sa place
j’ondule comme le serpent sur la dune
langue de vipère petit morceau de terre oublié
par les ravages des rivières
caillou jeté pour rien dans l’eau
le silence me froisse et me désespère
j’avance je me mélange à la sève dans les veines
de la feuille à la pointe de l’épine
Je brûle de me répandre de piétiner l’éternité
de mentir à la vérité
je me pends au cou du premier arbre
si tu tentes par tes phrases d’enterrer ma liberté
Solide

Mon cœur marbré
de syllabes souples et folles
a échangé son corps mou et malléable
afin de pouvoir se poser sur une table
gonflé d’explosions solaires
il féconde l’air de ses couleurs sauvages
il suspend éternellement pour toi le départ
de ses deux vaisseaux de lumière




