Dans le lit d’un fleuve

Brush Holder with Poet Li Bai, Two Brushes
Qing dynasty (1644–1911)

Une ombre semblable à une tache d’encre se déplace librement en moi comme le font les méduses dans l’océan. Le temps, la place qu’elle occupe s’imbibent fébrilement de son étrange transparence.

Fantôme de moi-même, empreinte fugace de mon âme, elle évolue sans jamais se hisser, sans jamais se fixer. Est-elle douée de la parole, serait-elle capable de se glisser dans l’habit sobre et princier de la conscience ? Probablement pas, cela ne la concerne pas, elle circule sans jamais se fixer à une raison. Quelle signification trouverait-elle à son errance ? Ce serait comme vouloir enfermer les saveurs du souvenir dans un flacon, dans une maudite phrase.

Une ombre me regarde du fond de mon puits sans jamais déposer sur mes lèvres un « parce que c’est ainsi ». Les « pourquoi » gardent le silence comme ces pierres polies où la patience d’un être noble imprime les résonances et fulgurances de la vie.

Liens wiki:

Li Bai

Jadéite

Jade

3 commentaires sur « Dans le lit d’un fleuve »

  1. Le titre établit le lien entre jade et texte – une des subtiles correspondances qui émaillent beaucoup de tes textes et que j’ai toujours grand plaisir à découvrir, en y butinant @>~~~~.

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