Pulvérisées

…agotados de esperar el fin Ilegales
…agotados de esperar el fin
Ilegales

Dans le buisson

feuilles et fruits s’enflamment

pour représenter

les formes raffinées

d’une nuée d’hippocampes

le vent orchestre les balancements rythmés

diffuse l’idée d’une danse effrénée

de flots verdoyants

une armée qu’il est impossible d’arrêter

Dans le ciel les nuages prennent racines

et se gonflent en étendant leurs ailes sombres

ce qui s’éparpille ainsi

comme les chants de cétacés menacés

c’est le cri le dernier

des vagues qui meurent

pulvérisées par les rochers

Digitale

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photo: Bertrand Vanden Elsacker

Au dessus du maquis une à une naissent les étoiles

une lueur lactée les berce les fait vaciller

Des parfums empruntent les allées invisibles

de mon âme

ce qui se tisse c’est la toile

d’une araignée qui revient toujours et toujours sur ses pas

pas un mot ne lui échappe

aiguilles flammes brindilles pétales

lascifs feuillages épuisés par ce soleil

qui meurt chaque soir

cet oeil qui me regarde me juge me condamne

est son venin détestable

c’est qu’il me paralyse cet animal

et gèle mes actes et sanctifie

tout ce que je rate

La lune faucille rouillée

accrochée à la dernière étoile

laisse sur les eaux et leurs miroirs

l’empreinte digitale

de ma toute première

larme

Déferlement

William Turner
William Turner

Le vent vient de cet endroit du ciel qui enferme

les vagues

en ouvrant le portail

il a libéré les troupeaux d’écume  sauvage

Vague après vague

le monde frémit

la houle a regagné la faculté

d’explorer ses frontières d’embrun iodé

chaque vibration aimerait recevoir le prénom

coloré de la chanson

qui l’a mise au monde

chaque onde n’en finit pas de remodeler

les secondes

le vent gave le coeur des fleurs

circule sur les nervures des feuilles comme sur les allées de graviers

et fait peur

lorsqu’il aborde le vague à l’âme

le chaos énoncé dans les graines à naître

 

Aux portes du silence

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Blueline No. 4 Print By Andrea Pramuk

Aux portes du silence

le souffle doux de la mer

le gargouillis des vagues

Entre rêves et pensées

les mots dolents se laissent approcher

comme des poissons argentés

La mouvance des astres froisse l’espace

afin que naissent les marées

Des rubans bleu-foncé dessinent les contours

des courants frais et glacés

qui voient le jour dans les anfractuosités et surgissent

frissonnant à la surface de l’eau laiteuse.

Le monde n’est plus que sa faible traduction par mon regard et mon entendement

il est comme si soudain il se confiait à la pagaie qui le remue.

Hologramme

You’ve never seen water like this [65 photos]  Matador Network
You’ve never seen water like this [65 photos]
Matador Network
Les rochers rapportent les froissements

d’étoffes bleues, blanches, noires et turquoise

soies et taffetas mousselines et dentelles friables

il ne te reste à toi que le grain épais d’un papier

encerclé de mots étranges

le rêve vaquant

qui décrit patiemment le ruban

de ta langue maternelle

qui saborde à coups de pied

cette notion vague et sournoise

de l’éternité

Anfractuosité

Tampoco el mar duerme: digital content from Jorge Medina on Vimeo.

il existe une fracture au sein

de moi-même

elle n’existe pas en un seul point

comme une peur

comme un malaise

elle montre ses dents aux sommets divers

d’une chaine montagneuse

pour comprendre il me faudrait à nouveau

escalader les versants les plus pénibles de ma vie

trouver les quelques mots qui m’ont permis de franchir des limites

en bas dans les vallées

avalés par le temps

les torrents de mon enfance

quelques cailloux brillants se moquent des reflets et se font passer pour des rivières

de diamants

des villages entiers murmurent

seules les feuilles froissées osent encore

parler d’un passé

Or

Artem Ogurtsov
Artem Ogurtsov

L’or est dans le regard

Du lys blanc

Tu le frôles frelon vrombissant

Tu emportes le printemps

Comme un pigment

pour faire tinter l’horizon

L’or est dans l’iris

du loup

du chat

du lion descendu de la montagne

Dans les flammes vertes et les aiguilles des buissons

qui rongent les ombres et frémissent

les pupilles brillent et se fendent

La mort s’envole en croassant

Juste avant que la lune naisse

L’or est dans la tresse de cette folle

Sa plénitude te transperce

comme le dard de cette fleur

dont les parfums habillent

la nue