Prodigue toujours ta beauté sans compter ni parler. Tu te tais. Elle dit à ta place: je suis, puis en multiples sens retombe, tombe enfin sur chacun. Rainer Maria Rilke
Par la fenêtre il regarde les vagues certaines halètent en prévision de la plage d’autres repartent
Dès que la porte s’ouvre il bondit vers l’air libre il saute sur la table où sont posés des légumes et des fruits l’odeur des végétaux l’intrigue il décortique le message qu’ils ont pour lui provenance fraicheur et quelques détails sur le propriétaire de l’endroit où ils ont grandi
Il va rêveur de par ses chemins habituels qui favorisent de longues trainées d’ombres Il va évitant les flaques de soleil Quelques sifflements annoncent sa présence aux autres habitants du jardin Personne qui ne sache que son errance a commencé
Le vent mélange les murmures entre eux Ceux des vagues ceux de l’eau ceux des feuillages et ceux du temps qui passe
Il va silencieux Il sait que ses pas et ceux de l’éternité ont quelque chose à se confier un mot enrobé de patience un mot qui ressemble à un miaulement qu’il est le seul à comprendre.
J’entends le crépitement des gouttes sur le sol pourtant il ne pleut pas Est-ce la mer dans les frondaisons brassés les grains de sable se mettent en route l’étoile que je regarde tremble et pourtant ce que je contemple n’est que l’espace qu’embrassent encore un bouquet de photons l’été est-il autre chose que le fruit de mon imagination
La nuit sombre est là enrobant les étoiles je le regarde ses feuilles comme des plumes dispersent le peu de lueur il me dit qu’il est prince le jeune arbre et il vrai que son tronc est à peine plus épais que le jarret d’un pur-sang anglais sous l’écorce s’écoulent réseaux de ruisseaux pétulants de l’autre côté du muret vont les animaux sauvages qui ne s’apprivoisent jamais s’il tremble et frémit c’est parce que de la nuit noire il est le porte-parole le traducteur le temple
un jour son âme arborera fleurs et pétales phosphorescents