Toi et moi

 

J’avance et je sais que tu es là, près de moi, posant ta main légère et blanche sur mon épaule. Je ne te vois pas mais pourtant, je sens que tu me regardes en souriant. Tu ne perds plus une seconde. Je fredonne en hésitant.

Tu lis mon âme. J’oublie tes larmes. Reconnaîtrais-je encore ta voix ? Je sais que le ciel brillant combat le froid rien que pour moi, qu’il trace sur le sol des brindilles vermeilles à cause de toi. Je sais que tu déposeras dans ma paume ta dernière pépite lorsqu’il le faudra. Je le sais, je le sais. Tu enrobes les choses d’une lueur que sans toi, elles n’auraient pas.

Je marche, tu me suis. Tu vois ce que j’ai poursuivi ? Ce que j’ai fait de la vie ? Je feuillette nos souvenirs, je découds le blason de la raison et du bon droit. Je réapprends ton rire. Je danse et tourne en rond. Je m’enivre de jazz, je décroche ta guitare. Je me moque avec toi de tous ces cons de bourgeois, de ce qui est lourd et ingrat.

Je marche, Je marche dans la pluie, dans le froid, dans la nuit. Cela m’est bien égal désormais. Je marche, tu me précèdes. J’abandonne tous les soupirs, je te cède tous mes pas. Je jette ma folie vers le large, je pars. J’avance, je rame. Je sais que tu me regardes, fier, confiant comme un charme.

J’espère trouver enfin cette clairière où tu attends que je vienne souder mon âme à la tienne.

 

Une nouvelle vie

Aujourd’hui, non sans peine je l’ai tué. Il aurait laissé les portes de son appartement, ouvertes comme on laisse les clefs sur le moteur d’une voiture qu’on abandonne juste un instant. Toutes les lumières seraient restées allumées, la radio, la tv, aussi. Il n’aurait pas pris la peine de ranger le salon, de replacer les livres dans la bibliothèque. Les projets auraient été abandonnés soudainement, dans le but de les reprendre plus tard.
Sa mort serait surgie, comme venant de nulle part. Pour tous, elle serait une surprise, un choc. Allait-il donc si mal? Ses proches le croyaient guéri. Tous diraient: « il ne faut jamais se fier aux apparences. Notre bon vieux Bill, s’offrir une telle mort alors qu’il avait tout pour être heureux » .
Bill, n’est pas mort aussi facilement que ça. Au fait, s’appelle-t-il vraiment Bill? J’ai même pas pris la peine de connaître son nom. Alors faisons comme si il s’appelait Bill. Bill s’est débattu, Bill a crevé comme un cochon. Je me souviens de sa terrible peur lors de la dernière seconde. Quand il a senti que j’étais déterminé à le tuer. Malgré ses supplications. « Prenez les clefs de ma voiture, mon argent, tout mon argent. » Bill ne peut pas comprendre la sensation qu’on éprouve à tuer un cochon. La puissance qu’elle condense dans le bout des doigts, diffuse à travers tout le corps jusqu’au font des tripes. La domination totale de la vie ne s’achète pas. Bill ne devait rien connaître à la fulgurance volcanique du plaisir que j’éprouve à tuer des cochons.
Je ne choisis pas mes victimes. Peu m’importe qu’elles soient riches, pauvres, jeunes ou vieilles. Au dernier moment, nous sommes tous des cochons. Pour Bill, j’ai pris plaisir à monter tout un spectacle. À concevoir toutes les scènes jusque dans les moindres détails. J’avais décidé que Bill, ce pauvre vieux Bill, se suiciderait et trouverait la mort en se défenestrant. Je pouvais pas savoir que Bill avait contracté une assurance et que sa veuve ne toucherait rien en cas de mort volontaire.
Son corps a éclaté à l’intérieur, son corps s’est désaxé. Projeté d’un dernier étage, qu’est-ce qu’on pouvait espérer de mieux? J’aime regarder le sang se répandre. Au début, on a l’impression que les premières larmes hésitent, se font désirer. Cela ne dure pas, après, le sang rampe lâchement. Il salit tout, il explose, gicle, propose une orgie. Mon plaisir se résume à un tout petit moment, mais quel moment! Il révèle une force explosive, brutale, propre et nette. Elle surpasse le plus magistral des orgasmes et culmine en me donnant le pouvoir total et sublime sur la vie. La première petite goutte de sang est toujours la plus belle, la plus pure. Tuer quelqu’un est un art.
« Aujourd’hui, il s’est suicidé. Faisant place aux faux jugements, à l’ignorance, au désir de ne plus répondre. Au vide. » est la petite phrase lancée aux JT de 20h par son meilleur ami face à une foule consternée de sympathisants arrivés sur les lieux de l’accident. C’est fou ce que les gens peuvent être pathétiques. Je ne sais jamais vraiment s’ils se rendent compte à quel point je méprise cette forme d’hypocrisie.

Il me faut toujours un morceau de musique après avoir tué un cochon. Le jour où j’ai tué une fillette de 4 ans, je me suis mis en boucle pendant 24heures, Chopin. Je connaissais pas Chopin, avant. Je l’ai trouvé dans le sac de la gamine. À côté de ses tartines, d’un cahier de griffonnage, il y avait un cd « la petite sirène ». La petite sirène mourait sur un fond de musique classique, Chopin. J’ai balancé le tout par dessus bord, tout mais pas Chopin. Quand je dis: « par dessus bord », c’est vraiment par dessus bord. Je traversais la Manche. Ils ont jamais retrouvé le corps.

Bill avait tout pour être heureux. On veut dire par là qu’il avait amassé pas mal de fric. Mais bill venait de se faire renvoyer par sa maîtresse et il se demandait s’il haïssait plus sa femme, son partenaire professionnel ou ses enfants. S’il avait pu échanger sa place au dernier moment avec sa gamine, il n’aurait pas hésité. Je puis vous l’affirmer avec certitude.Comme il s’est agrippé à la photo sur son bureau ! Il a cru que je serais d’accord de passer un accord. Je ne marchande jamais mon plaisir.

Je n’ai pas de scrupules d’avoir tué Bill, pas plus que lui lorsqu’il roulait le fisc et planquait son fric en Suisse et au Luxembourg. Oui, j’ai bien dit « planquait ». Maintenant, Bill ne planque plus rien. Grâce à moi.
Je commence à me trouver ennuyeux. Il est temps que je sorte, il temps que je me refasse une nouvelle vie.

Bonne conscience

 

Je ne suis pas celui qu’il vous a semblé que j’étais. Je suis bien pire que cela. Je suis un mensonge.

S’avouer sa propre vérité se savoure du bout des lèvres. Me regarder en face m’a fait peur. Il paraît que le reflet dans le miroir,  dirait bien plus de vérité que l’image inversée que j’ai à l’intérieur de ma boîte noire.

La réalité, c’est l’autre et ce qu’il dit de vous.

Il se peut ainsi, que votre vie, ne tienne plus qu’à un très fin fil. Il se peut qu’elle se résume à un noeud. Presque transparent. Si difficile à défaire.

Je suis un mensonge. Le fil au quel je suis suspendu est élastique. Je parviens à l’étirer en longueur, comme seul les jours sans heures le peuvent. Ces jours qui me disent non à chaque seconde, qui remuent hideusement toute la vase qui tremblotte au fond de moi.

Qui mieux que moi se répand et s’accroche avec autant d’acharnement aux petites choses ridicules et absolument sans importance?

Je tends à mentir aussi finement que mon ombre, pour la moindre poussière. Je détricote la vérité, je lui chatouille les pieds, je m’en moque. Je mens pour provoquer le rêve, pour ne pas avoir à avaler de travers. Je mens pour manger un quartier de lumière, pour une bouffée d’air, ou une gorgée d’eau tiède.

Ce que la Vérité me propose, assise sur son siège me donne la migraine. Je la trouve gonflée de se trouver pure. Elle est boursoufflée, ivre, trop gâtée. Blasée et puis fière.

Je suis un immonde mensonge tissé comme du velours. Je suis doux, édulcorant. Je mens jusqu’à rendre pratiquement transparent. Je suis pour ainsi dire invisible. Infaillible. Je m’adapte à toute les tailles.

Je suis un chat qui vit plus de sept fois, qui file dès qu’on le voit en levant les bras:  « Je te jure, ce n’est pas moi! ». Je marche de travers avec les doigts tordus dans le dos pour conjurer les sorts. Je vous le jure, je suis un mensonge. Pure. croquant, fondant, amer, jamais gras. J’ai toujours feint, je crois.

Je suis une injure à ce qu’il y a de plus beau et de blanc. De plus lucide. Je fuis les apparences, je suis les vérités comme les cours d’eau. Je prends le plus court chemin. Je me laisse aller à quelques petits détours. J’ai des défauts plus qu’il n’en faut et creuse tant de failles.

Au fait, demandez-vous si un mensonge qui ment, dit la vérité.

Je suis fait pour enrober les choses.

Un mensonge, je suis un mensonge mais je n’ai pas de fouet. Je mens par faiblesse. Je mens, j’invente, je déforme, je transpose, je déjoue la vérité, je la défigure gentiment. J’accorde la lumière là où il n’y en a presque pas. Flasque comme du chewing-gum, je fonds au soleil, me colle à tout.

 
que faire de ses idées reçues?
Mensonge wiki


Soie

je voudrais pouvoir me défaire de ma carapace. Vivre sans cette cataracte, cette croûte, cet agglutinement de la peur. Je voudrais nager, voler, marcher, respirer sans avoir à me servir des phrases comme d’une jambe de bois. Je voudrais être légère, fluide et docile. Transformer mes pensées en fleurs muettes. Éparpiller les mots sur lesquels reposerait mon âme. Gaspiller la Beauté sans compter.

Je voudrais naître sans avoir à déclarer la guerre. Être tellement limpide qu’on ne me poserait plus de condition. Couler de source. Surgir dans la caresse. Faire oublier le temps.

J’aimerais n’être que dans la boucle, la première, du lys ou du lilas. Dans le pli du taffetas, dans le bruit de la soie. Je voudrais être moi. Sans symptômes, sans non. Me décliner comme par magie une infinité de fois. Enlacer les pupilles, faire taire le froid.

Magique?

Condor

Mochica Headress Condor

Il est un de ces oiseaux de proie

et moi

j’attends l’acier de ces serres

Je vais sans plus me donner de sens

car son désir surpasse mes rêves

Il se déploie de sa plus cruelle envergure.

Il va comme une brûlure

il s’éloigne comme une morsure

Son ombre plane et ne m’accorde plus de trêve

quand décidera-t-il de me tuer quand

fera-t-il de moi la particule privée d’un tout

flottant dans le noir

quand me laissera-t-il quand

j’aurai encore envie de lui

envie d ‘éprouver au delà du possible

la coupure

le si douloureux

déchirement de mon être

attendre son divin manège

le ciel est tout autour de moi

il vole au plus profond de mon ventre en mon centre en mon sexe

j’espère follement cette nouvelle existence

tourbillonnante

friable

quand il me fera mal quand il me dévorera

sur les bords coupants de nos deux volontés

Je bénirai ces instants où il s’abattra sur moi

me dévoilera

se plantera à l’endroit

où nos désir et nos peurs sont

si incandescents

Pour garnir

-Toutes mes sources prennent vie en toi. Sans la précision de ton intelligence, rien de cela n’aurait de sens. Si je m’égare, tu m’apprends la patience en me confiant ta douceur. Si je m’incline, ta tendresse me redresse. La lucidité de tes idées guide mon âme dans ce cahot de mots pour qu’ils deviennent enfin de plaisants jardins. C’est à toi, mon Amour, qu’une nouvelle fois, je dédie ces quelques mots.-

Mon histoire commence il y a fort longtemps, au 12ème siècle, mais je ne voudrais vous ennuyer avec tous les tourments qu’il m’a fallu traverser. Je n’ai pas été conçue pour ces vérités-là, alors laissez-moi vous parlez de lui. J’ignore son nom et il est fort probable que je ne le connaitrai jamais et puis quelle importance ? Toute sa beauté est contenue dans le bleu de ses yeux. La nuit lui envie sa pupille tant elle brille. Sa peau ose par endroits les reflets de la nacre. La blancheur s’épanche dans son cou ainsi que le lait le ferait. La lumière dépose délicatement sur les paupières et en dessous de l’œil une touche à peine bleutée. Partout ailleurs, elle souligne adorablement la maigreur de son visage. Hélas, je crains fort qu’il n’ait été, contrairement à moi, jamais invité à des festins de roi.

Des visages qui me regardent, croyez-moi, j’en vois des milliers à longueur d’année. Je pourrais vous dépeindre comment l’envie se glisse dans le pli d’un sourire, comment l’ennui soulève de son doigt la mèche de cheveux sur le front. Je pourrais vous parler des heures de la mélancolie qu’on lit, accomplie, dans le visage ridé d’une veille pomme qu’on a oublié de manger ; à la source dans le visage du jeune enfant qu’on vient de gronder.

J’ai rencontré la jalousie, l’insolence, la fierté, le dédain, l’orgueil chez l’adolescent comme chez le seigneur. J’ai vu la peur trembloter sur le front de l’assassin, la conscience donner ou reprendre l’assurance ou l’arrogance. J’ai lu des journées entières la bonté qu’on retrouve dans les prières, celle qu’on ne voit que chez le jeune enfant, celle qui marche main dans la main avec l’innocence. Si je l’ai lue avec autant de patience et aussi longtemps, c’est pour essayer de comprendre, pourquoi tant d’hommes la repoussent avec le dos de la main. Mais je m’éloigne, ou peut-être pas, des raisons qui ont fait que je choisisse de vous parler de lui. Si jeune, adolescent et pourtant paré d’atouts aux quels on n’ose que rêver.

Je me suis longtemps demandée pourquoi on me regarde, pourquoi on me marchande, pourquoi on me protège ou m’expose ainsi. Jamais jusqu’à ce jour où je l’ai vu, jamais,  je n’avais pu croire qu’on puisse aimer au premier regard. Je vous sais déjà haussant les épaules et vous moquant de moi en disant : « n’as-tu donc point vu ton âge, vieille sotte ! » Je vous répondrais que justement toutes ces années m’ont donné le temps de savoir et d’éprouver.

Lorsqu’il a déposé la soie de son regard sur mes courbes et lorsqu’il a voulu déchiffrer ce que j’essayais de lui murmurer, laissant parler sans mots et sans bruit, pour moi toutes les parties de mon corps, j’ai soudain compris le mystère de toute mon existence. Je suis faite pour donner. Donner une toute petite étincelle, une petite lumière qui soudain éclaire toutes les raisons, abolie toutes les règles, surpasse toute mesure. Elle donne sens. Illumine le néant et l’absurdité d’une vie, d’une œuvre. Elle condense toutes les larmes, tous les soupirs, toutes les respirations et les battements de cœur.Et il a été donné à moi de l’apercevoir là, d’en apprendre la justesse et la nécessité, sous les traits délicieux d’un adolescent curieux. Il a été donné à moi, petite chose, fragile et discrète ayant partagé tellement de repas et de fêtes, avec tellement d’êtres humains nobles ou ingrats, grands et petits. Mais je vous vois déjà partir, me tourner le dos, maugréant : « elle est de nouveau amoureuse. Allons ! Tous ces mots, pour ne dire que cela ! » Partez ou soyez curieux, venez me voir ! Je le sais il n’y a d’autre espoir que celui de la Beauté qui s’offre à vous en une seule phrase.

Que puis-je encore vous dire, si je ne vous ai pas lassé? Je suis ronde. Je suis presque parfaitement ronde. En mon centre, comme un cœur qui bat, une fleur au dessin pur comme le filet d’eau d’une source. Un carré et un losange lui servent d’enclos même si jamais elle ne sort. Se répondant par un jeu de symétrie, 8 feuilles s’étalent sur ma surface. L’arbre dont elles proviennent y est représenté 4 fois. Son tronc est une tresse et sa ramure un cœur qui dresse sa pointe vers le ciel et présente ses fruits à la terre. Je suis ocre, blanche et turquoise, je brille. J’invite à ce qu’on me garnisse de fruits ou d’offrandes pour celui qui a faim ou veut nourrir ses sens. Mes traits son simples et évoquent au lieu de dépeindre. Je deviens magique lorsqu’enfin on essaye de lire ce qui ressemble à un texte sacré. On me croit venue de Perse mais je suis née en Espagne. Dans mes veines coulent encore les rêves des Maures.

Sien

Approche ta bouche sensiblement
de mon sein
sens qu’il se tend
vers tous les baisers que tes mots lui insuffleront
en caresses
reviens et va-t-en
poursuis de ton souffle son galbe son arrondi
maudis-moi qu’il soit si petit
je veux
je veux sentir ton corps entrer dans le mien par tous les moyens
je veux être tien te tenir te tendre
apprendre ta force lui servir d’appui si je puis

approche ta bouche de cette extrémité
farouche
qui te veut
tendre
attendons que nos peaux se fondent
l’une dans l’autre

balayons nos limites
à nous confondre
oublions nos archers
laisse-moi t’initier
à me jeter dans le feu

La faucille et le marteau

Chaque chose utile trouve finalement une place.

Celle de son ombre ou celle de ses contours.

En est-il aussi ainsi des êtres humains? Ceux qu’on envoie aux premières lignes de front, ceux qu’on met derrière le canon, ceux qu’on place en rétention? Et tous les autres qu’on laisse périr en troupeaux.

Cela paraît si simple de définir le monde. D’avoir pour chacun une réponse, un « à peu près » qui le cantonne, le met à sa place.

Chaque chose trouve une définition, dans un caveau. Dans une fosse commune. À quoi bon savoir, si c’est pour mettre ses idées dans le formol?

Chippedbeefpacking

Mahler

Mahler a fait de mon coeur une fleur, une fleur qui n’ouvre ces velours qu’à la nuit. La nuit s’avance et se répand comme un parfum futile et pourtant que je n’oublie pas. La nuit dont la pupille se dilate, offre sa joie à des larmes.

Mahler a fait de moi, un soupir ondulant à la surface du plaisir. Le plaisir qu’éprouve le pétale à se détacher de sa fleur. À flotter dans le vent au printemps, à savoir qu’il va disparaître. Simplement. Oublié et frêle. Il savoure la joie du non retour. Je pars sans pouvoir revenir sur mes pas car je n’en fais pas, Mahler les fait pour moi.

Mahler est le tissu entre deux corps qui s’aiment qui se froisse. La peau fine, à vif, qui emballe les organes vitaux, se tend tout en se laissant tisser par les secondes. Elle rend les corps spongieux. Elle les gorge de sang, d’eau et de vide.

Mahler, mes poumons  se retiennent de vivre.
Mahler est à la fois ce que je garde et ce que je perds. Inlassablement.