Mahler

Mahler a fait de mon coeur une fleur, une fleur qui n’ouvre ces velours qu’à la nuit. La nuit s’avance et se répand comme un parfum futile et pourtant que je n’oublie pas. La nuit dont la pupille se dilate, offre sa joie à des larmes.

Mahler a fait de moi, un soupir ondulant à la surface du plaisir. Le plaisir qu’éprouve le pétale à se détacher de sa fleur. À flotter dans le vent au printemps, à savoir qu’il va disparaître. Simplement. Oublié et frêle. Il savoure la joie du non retour. Je pars sans pouvoir revenir sur mes pas car je n’en fais pas, Mahler les fait pour moi.

Mahler est le tissu entre deux corps qui s’aiment qui se froisse. La peau fine, à vif, qui emballe les organes vitaux, se tend tout en se laissant tisser par les secondes. Elle rend les corps spongieux. Elle les gorge de sang, d’eau et de vide.

Mahler, mes poumons  se retiennent de vivre.
Mahler est à la fois ce que je garde et ce que je perds. Inlassablement.