Bonne conscience

 

Je ne suis pas celui qu’il vous a semblé que j’étais. Je suis bien pire que cela. Je suis un mensonge.

S’avouer sa propre vérité se savoure du bout des lèvres. Me regarder en face m’a fait peur. Il paraît que le reflet dans le miroir,  dirait bien plus de vérité que l’image inversée que j’ai à l’intérieur de ma boîte noire.

La réalité, c’est l’autre et ce qu’il dit de vous.

Il se peut ainsi, que votre vie, ne tienne plus qu’à un très fin fil. Il se peut qu’elle se résume à un noeud. Presque transparent. Si difficile à défaire.

Je suis un mensonge. Le fil au quel je suis suspendu est élastique. Je parviens à l’étirer en longueur, comme seul les jours sans heures le peuvent. Ces jours qui me disent non à chaque seconde, qui remuent hideusement toute la vase qui tremblotte au fond de moi.

Qui mieux que moi se répand et s’accroche avec autant d’acharnement aux petites choses ridicules et absolument sans importance?

Je tends à mentir aussi finement que mon ombre, pour la moindre poussière. Je détricote la vérité, je lui chatouille les pieds, je m’en moque. Je mens pour provoquer le rêve, pour ne pas avoir à avaler de travers. Je mens pour manger un quartier de lumière, pour une bouffée d’air, ou une gorgée d’eau tiède.

Ce que la Vérité me propose, assise sur son siège me donne la migraine. Je la trouve gonflée de se trouver pure. Elle est boursoufflée, ivre, trop gâtée. Blasée et puis fière.

Je suis un immonde mensonge tissé comme du velours. Je suis doux, édulcorant. Je mens jusqu’à rendre pratiquement transparent. Je suis pour ainsi dire invisible. Infaillible. Je m’adapte à toute les tailles.

Je suis un chat qui vit plus de sept fois, qui file dès qu’on le voit en levant les bras:  « Je te jure, ce n’est pas moi! ». Je marche de travers avec les doigts tordus dans le dos pour conjurer les sorts. Je vous le jure, je suis un mensonge. Pure. croquant, fondant, amer, jamais gras. J’ai toujours feint, je crois.

Je suis une injure à ce qu’il y a de plus beau et de blanc. De plus lucide. Je fuis les apparences, je suis les vérités comme les cours d’eau. Je prends le plus court chemin. Je me laisse aller à quelques petits détours. J’ai des défauts plus qu’il n’en faut et creuse tant de failles.

Au fait, demandez-vous si un mensonge qui ment, dit la vérité.

Je suis fait pour enrober les choses.

Un mensonge, je suis un mensonge mais je n’ai pas de fouet. Je mens par faiblesse. Je mens, j’invente, je déforme, je transpose, je déjoue la vérité, je la défigure gentiment. J’accorde la lumière là où il n’y en a presque pas. Flasque comme du chewing-gum, je fonds au soleil, me colle à tout.

 
que faire de ses idées reçues?
Mensonge wiki


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