Miriade

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art Brut, Harald Stoffer, Galerie Christian Berst

Inspiration — une miriade de signes et de lettres pathogènes se bousculent et entrent dans les alvéoles —

Expiration — mon esprit est un poumon — un sac en quelque sorte

se froissent

se défroissent

se plient aux exigences  de la maladie

une mécanique qu’enrayerait la plus petite particule d’écume  et cet animal  enfermé

dans la cage cérébrale

Vous la voyez manoeuvrer de rafales en rafales

de tempêtes en mer en blessures tectoniques ?

Inspiration — il faudrait une rivière

expiration  — un pays où trouver source

inspiration — et lumière où se donner

un prolongement

qu’on pourrait croire infini — l’horizon — expiration

Finalité

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Anish Kapoor, Zonder titel 1992 polystyreen, aluminium, fiberglas, acrylmedium en pigment diameter 220 cm, ruimte 480 x 240 x 380 cm 1993.AK.01

Parmi les nuages
la nuit
l’hiver
le froid
la pluie
la lune
elle finit par descendre et se pose
sur les branches d’un pin aux aiguilles argentées
elle choisit sûrement celui
qui la suivra un jour
enfin ce sera moi
parmi les nuages
la nuit
l’hiver
dans le froid et la pluie
je vois ton visage celui
que tu n’avais pas alors
que tu étais encore en vie


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Aparté

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©Bertrand Els

Et si l’écriture faisait un détour et plusieurs par toi
territoire libre et sauvage
si la blessure qu’elle désigne d’une ligne partagée avec le silence n’était pas que la mienne
mais celle partagée par tellement d’autres
tenue sous l’écorce
si l’encre ne brisait pas seulement la surface d’un miroir et n’était pas que la seule impression désignée par une introspection malade
si l’écriture n’était rien qu’un songe qui sert à départager la réalité
si l’écriture n’était que cela
utile utilisée par tous
tendrais-je encore mes poignets serrés
tenterais-je encore d’échapper
Je ne le sais pas d’ailleurs qui veut savoir


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Microclimat

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Bertrand Els

 

Au dessus de moi l’énorme masse nuageuse d’un mot
d’une phrase comme une montagne
si dense ……si noire si rugueuse qu’elle pourrait porter le nom

de l’absence
ignorance sombre et venimeuse oubli vertigineux
suspicion qui invente des vérités à gober
sans s’étonner
je suis sur le point de céder sachant même si je l’espère que rien

rien

ne peut me soulager de l’oppression
de la peine
de l’étouffement
de la noyade
qui s’enchâssent
rien
et pourtant alors que je ferme les yeux
je sens un puissant courant mener sa propre route
un halo nait dans un nœud
un reflet prend feu sans consumer sans rien rendre en cendre
Au dessus de moi énorme ma volonté

plus volatile que  plumes et  neiges
plus liquide que l’air plus fluide que la pluie

s’empourpre
au dessus de moi une colère encore prisonnière
sur le point de se laisser dompter

devient soudain le cri sourd d’un astre dans son

univers