Les paroles de l’âme

Le monde s’affaisserait en lambeaux si tu ne m’en confiais

le secret

d’un baiser à l’oreille

le velouté de ton sexe confère à l’Amour sa Beauté

les exubérances de tes fragiles rondeurs ne connaissent pas

la sécheresse des peurs

tu abreuves ma soif et ses pleures

du nectar volcanique

qui fertilise les paroles de l’âme

en idées

audacieux ou crémeux

je te couvrirai des vœux issus de

ces fontaines mystiques que tes soupirs

laissent jaillir et devenir

plus provocantes que le feu

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Les feuilles se baignent dans le ciel, les arbres peignent un océan vif d’un vert aussi turbulent que le feu. Je suis amoureux. Éperdument et pourtant, je ne me suis pas, depuis longtemps, senti aussi fort et terrifiant.

Je le sais, je le sens, les jours bleus ne tiennent pas longtemps parmi ceux moins brillants de ma livide collection. Je m’en fou, même très peu, je veux être heureux et confiant. Je veux vibrer comme une symphonie quel-qu’en soit le prix.

Je veux galoper libre, sans la mort à mes trousses, sans la peine à mes tripes. Je ne veux plus que prononcer : je t’aime pour toujours. Pour toujours, pour toujours,même si mes promesses ne résistent jamais à l’assaut d’une horreur ou bien deux.

J’incendie mes idées et mes plus sombres phantasmes, je te veux.

Je veux t’aimer dans mes silences, je veux t’aimer de mots et puis de phrases. Je veux que tu comprennes que je n’ai pas d’autre voie que celle qui parle là.

L’araignée

Elle s’agglutine, les premiers temps on ne sent encore rien si ce n’est son parfum

facile et puis ensuite

elle coagule chaque geste et lorsqu’on veut partir

plus rien ne reste

la vie saigne et laisse des plaies

dont la lave grouillante

jamais ne se tait.


La clôture

Tout au bout de chaque jour, il devrait y avoir une porte. Une porte ouverte et discrète. Une porte par laquelle je pourrais, si j’en ai le souhait, sortir. Sortir du monde, me mettre en retrait. Sortir de moi-même. Il faudrait pouvoir entrer et sortir.

Il faudrait que je puisse me défaire de tous les faits qui ont jalonné ma vie. Supprimer les regrets, supprimer l’absurdité de la culpabilité.

En sortant, je commencerais par ne plus vouloir être moi pour une heure.

Je voudrais être résorbé.

Dévolu à voler dans les couleurs à l’état pur, à être compris, à être inclus.

Avoir la sensation légère de ne plus devoir être. Car être moi, c’est être condamné à vivre dans une prison trop petite, c’est être incapable et défaillant.

Je voudrais éteindre mon regard pour ne plus avoir à voir l’échec de l’existence, à en mesurer avec autant de précision la défaite.

Je voudrais être regardé sans égard.

Devenir la poussière de la poussière et ainsi même obtenir une sorte de libération.

Savourer la grâce de ne pas devoir appartenir à la race humaine et  se rendre complice de ses agissements écœurants. Dans le silence.

N’être qu’une infime parcelle sans importance, libre de toute fatalité et de toute obéissance. N’assumer qu’un seul état et qui ne serait pas celui de la conscience de l’impuissance.

Le jour devrait avoir des portes, des fenêtres. Des fenêtres pour partir partiellement.

On devrait pouvoir s’offrir la possibilité de renaître en ouvrant une porte. D’oublier. De transparêtre

Mais, au bout du jour, vient la nuit. Viennent les heures somnambules qui condamnent les rêves à errer comme des fantômes, à n’être jamais pris aux sérieux par moi. Au bout du jour, la clôture. Je ne parviens jamais à aller au-delà.

Jardinier

Si le soleil te tend la main

ne le cueille pas

comme une quelconque

feuille

mais bois

la lumière

de ton œil

laisse tes pensées

effleurer

les effluves vertes et dorées

comme le miel

la Beauté coule à la surface des choses

te laisse naviguer

à ton gré

deviens le savant jardinier

de ton âme et de tes idées