Elles
Sont prêtes pour leur
Lente migration de l’automne
Les feuilles
Elles attendent en essaims
Qu’un souffle les porte
Elles grignotent quelques notes
Aux sources
Quelques battements aux nuages
Quand les ombres s’éclipsent.
Elles
Sont prêtes pour leur
Lente migration de l’automne
Les feuilles
Elles attendent en essaims
Qu’un souffle les porte
Elles grignotent quelques notes
Aux sources
Quelques battements aux nuages
Quand les ombres s’éclipsent.

hier la lune derrière la colline
donnait aux nuages une ombre ourlée de lumière morte
qui les portait jusque loin au dessus de la mer
hier la lune creusait le ciel
en cavait le regard
hier derrière la clôture j’ai retrouvé ton corps
tes yeux de jais ces deux perles merveilleuses
avaient été remplacées par le mot mort
hier j’ai vu qu’il manquait quelque chose
la vie ne portait plus de carapace
inutilement la vie s’était ralentie
et puis
t’avait laissée
une souffrance une faim
une soif non éteinte rodaient encore pas très loin
j’avais envie de protester mais quelques vagues
et l’odeur des algues broyaient mes larmes
Demain j’aurais la force de te trouver un cimetière
une tombe près de l’automne
mais la force je ne l’ai pas je ne l’ai jamais eue
j’ai refusé de te laisser mourir
j’ai ramassé toutes les herbes sauvages
avec l’espoir qu’elles te serviraient de ciel
pour disparaître
L’automne est un alezan dont la robe oscille du fauve à l’or orangé. Son trot ample et souple réveille le ciel évanoui dans les prairies.
L’automne est une pomme juteuse qui a succombé aux délires d’un soleil fou à lier. Ses parfums vont du blanc-fleur au blanc moqueur des cieux sans faim.
L’automne est un fantôme qui rode dans les champs, sur les rives des rivières. Partout on respire son manteau ouaté et humide. Il fait peur.
L’automne est un chat qui grimpe aux cimes des arbres et ne veut plus redescendre. Il ronronne ou miaule toute la nuit. Il nous regarde de son œil jaune avant de nous montrer la pointe nacrée de ses griffes sauvages.
L’automne est un géant qui craque comme des noix les os morts des arbres devenus sourds.
L’automne est un incendie, une pluie, une toupie qui tourne sans fin.
Et moi, je suis las, tellement las de tout cela.