Petite plume

peace par Terri Croghan sur Fivehundredpx Trouvé sur 500px.com Fivehundredpx
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La petite plume est comme l’infime morceau de ciel, léger, mousseux. Elle est faite de duvet blanc, de crème onctueuse et de petits miaulements aux goûts de fraises, de framboises ou de roses.

Elle se dépose là où le monde est sur le point de subir un important déséquilibre. Partout où l’harmonie risque de disparaître, partout où il faut subtilement la souligner.

Sur un tapis persan au fond bleu de la nuit, orné de motifs et de courbes qui évoquent les fleurs, les parfums. Là d’où partent les voies imaginaires qui guident l’esprit vers l’exploration, au-delà des frontières précises du rectangle, du cadre, de la fenêtre, la petite plume s’endort, rassemble ses forces, regarde, se transforme en corolle.

Là où les jades blancs correspondent par jets de lumière avec les turquoises, avec le corail, là où seul s’évapore le silence, la petite plume apparaît. Paisible, gracieuse, agile, discrète, sensiblement éblouie. Ses yeux bleus te sondent sans poser de question, sans étonnement, ils t’acceptent. La petite plume console.

Un pan du mur bascule alourdi par l’ombre sombre d’un vulgaire mensonge, il menace de tomber dans l’oubli, la petite plume au péril de sa vie s’appuie sur l’autre extrémité du mur pour rétablir les proportions entre ombres et lumière, vie et mort. La petite plume comme un toupet, comme un bouquet survole, évoque subtilement ce qui est en suspens dans chaque chose.

Entre elle et les autres, un mot s’impose: majesté. C’est qu’en elle se lovent ces quelques brins de beauté qui en font une divinité.

Précipitations

Hans Hartung(German/French,1904-1989
Hans Hartung(German/French,1904-1989

Le vent m’arrache les larmes des yeux.

Le ciel vient les boire dans les creux.

Mes rêves seraient des fontaines pour les nuages,

à moins que ce soient mes pensées évadées

qui épuisent leurs sources?

Le vieil automne porte sur l’arrête osseuse de sa colonne vertébrale des montagnes bleues.

Non, je ne veux m’associer à cette cruauté de voler les larmes de l’été!

Hors d’atteinte

How mapping neurons could reveal how experiences affect mental wiring (Wired UK)

Il y a du vent et je suis cette bâche transparente qui s’affole

rien ne m’attache solidement

rien ne m’indique ce que je suis censé faire

ni à quoi je sers

Je gifle de mes grandes ailes inutiles le vide la grisaille

jusqu’à me déchirer par endroits 

plus rien n’a de sens.

 

C’est alors que toi avec des doigts de fée

des mains de jardinier et les yeux brillants d’un châtaigner

dorée tu me libères de cet ensorcellement

en deux mots purs

en trois images simples

en me révélant mille et un parfums d’une complexe évidence

tu fais de moi

un cerf-volant heureux.