S’écrire

J’entre en cet endroit où
Néant Vide Silence
s’élancent sans trouver le moindre sens
le mot se laisse remplacer par la feuille
ses dents sa chair mangent la lumière
pour tordre l’univers seulement des branches
aux gestes involontaires
elles ne dirigent aucun orchestre
seul mon esprit rampe et cherche une voie
où pourra serpenter mon rêve et penser que
le venin d’une morsure se mue en sève

Évagation

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©Jean Pierre Bourquin

Aller jusqu’au bout de moi sans
avoir même le droit de penser
y parvenir
là faire une pause s’assoir sans
plus voir ici
aucune jambe malade
regarder
comparer l’infini
gardé en mémoire

partout des voies ourlées par les vagues
dessinent aux
certitudes volcaniques du jeu qu’est la durée
des corps des visages de statue

aller les ailes devenues un fardeau
sur les chemins d’un retour
sans parvenir à joindre ses pas
à leurs empreintes
aller l’ombre entaillant l’espace qu’explore
inlassablement le soleil

Île

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Google Maps imagery on Stratocam.com

 

Sur la mer se pose
une île imaginaire     elle décrit  comme
s’ils étaient des fantômes  les autres
continents    parfois    très grands
ce   qu’elle a          à dire
revient presqu’au
silence
Elle résume l’île le néant
invisible à celles qui ne contemplent rien
l’île liquide s’écoule se gonfle recèle
s’éteint      revient      comme
si elle
n’était qu’un simple courant marin
parcourue par la lumière


source image

Navigable

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©Bertrand Els

Le vent est dans l’étoffe
la voile s’étend et forme comme une nageoire
j’entends comment
mon rêve s’apprête
à quitter souplement sa planète
qui à chaque fois reste
naviguer entre nuages et ciel
entre vagues et pressentiments
je vois la quille sabrer les profondeurs
de la nuit tranquille
le vent est dans les feuillages
qui se brisent houleux
contre la nuit
son corps aux rondeurs
éblouies dans chacun de ses mouvements
imite le son que font
les vagues quand elles quittent la plage
restent le sable l’étonnement de l’air
devenu marin et soupir
mon désarroi enfin ne s’abrite plus
nulle part

Nuées de nuages

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Nan Nan Liu

Mués d’un nuage
les mots que la mer propage
atteignent les premiers
… lles rochers
S’émoussent les vagues
sur les plages
la réponse du sable
et du monde minéral
ressemble au silence
du sage.
Les arbres que les vents régulièrement sabrent
retiennent leur souffle et leur munitions de cris d’oiseaux
prêts à fondre en agitant les ailes et à croiser du regard
les fonds opalins devenus noirs.
Soudain………les motsvaguement se réfugient derrière l’horizon
d’où viennent parfois les tremblements salvateurs et ondulations merveilleuses
des collines bleues du Cap.