Le livre des fleurs

Ma nature papillonnaire m’amène bien souvent à faire des voyages pour lesquels mes ailes de papier n’ont pas été conçues. Bien souvent je me laisse éblouir par des parfums, étourdir par des couleurs, perdre et ronger par des désastres qui me surpassent. Mais toujours, je vole, toujours je butine sans jamais être résigné par ma faiblesse originelle. À force, je suis devenu fragile et sensible, ultra-sensible. Je n’ai pu parvenir à m’endurcir de connaissances et de certitudes froides.

Je sais qu’il est des mystères que mon acharnement ne vaincra pas, qu’il est des forces qui me broient. Que mon corps est bien trop petit pour s’encombrer de la soif qui se veut de tout comprendre et de tout se laisser dicter en mots. Il est bien des langages que je voudrais apprendre mais pour lesquels, hélas, je n’ai pas l’espace. Je me contente de savoir qu’ils existent. Je ne les renvois pas au néant. L’ignorance est un néant. L’un des plus dévastateurs, il vous tue sans que vous le sachiez. Le Libertus Floridus est l’une des premières tentatives humaines à vouloir lutter contre ce fléau avec des mots. Il fait partie de cette immense constellation d’étoiles que rien n’éteindra.

Je ne connais pas l’usage de cette langue qui s’adresse au savoir, à la grâce, à la patience et qui compose les textes de cet ouvrage. Tout ce que je peux tenter de comprendre et qui me fascine est le désir caché derrière cette œuvre où la moindre lettre aura été mesurée, pensée, regardée avec infiniment de sagesse et de minutie. Quelle est cette volonté, ce rêve qui culmine dans chacune des enluminures ? Quelle science a poussé un homme à inventer la carte qui n’existait pas encore pour tous les mystères qu’on croyait dissolus et perdus. Quelle force a donc poussé Lambert de Saint Omer à dessiner la carte magique de tous les rêves, comme si la puissance d’un seul suffisait à réveiller tous les autres ? Dans un monde où les superstitions font office de langues, où la raison confortent ces croyances qui emprisonnent, quels seront les audacieux qui oseraient lui fier ses voyages ?

Combien de doutes faut-il affronter pour dénouer le vide, pour trouer l’ignorance ? Pour rompre le silence, pour dissiper la nuit qui ronge la moindre petite lueur, il en faut du courage. Il faut être capable de porter ses ambitions et de laisser gronder ses rêves comme les sangs fertiles des volcans. Il faut qu’ils puissent déborder de nous-mêmes sans que l’on sache forcément où cela mène.

Comment faut-il s’y prendre pour raconter le monde ou plus exactement l’ensemble des connaissances que nous avons de lui ? Me faut-il apprendre le langage des fleurs, comme si le raffinement qu’elles mettent à développer leur existence pouvait me servir d’exemple ? Faut-il apprendre avec passion la patience et dompter le temps pour comprendre le monde et ses raisons ?

Quel n’a pas été mon désespoir mais aussi mon éblouissement après avoir lu les premières pages de Sodome et Gomorrhe. Marcel Proust m’y suggérait une fascinante correspondance entre le génie que met la fleur pour attirer le bourdon qui la fécondera, la science dont il faut l’entourer pour que l’accouplement puisse se produire et la confrontation pleine de charmes par le narrateur de la « conjonction Jupien-Charlus ». Il me laissait entendre que l’intelligence avec laquelle la nature a pensé les rapports entre les sexes semblait être laissée pour une belle part à l’improbable et heureux hasard de circonstances particulières. Désespoir parce que je prenais conscience que la spécificité de ma nature me laisserait comme la fleur de Proust. Éblouissement car les détours utilisés par Proust tout au long de ses phrases éternelles et qui semblent ne jamais chercher de fin, m’ont conduit à repenser mille fois les choses et de façons toujours de plus en plus précises sous des angles toujours modifiables. Proust m’a fait comprendre que les apparences sont versatiles et qu’elles ne reflètent que vaguement la véritable nature des choses, que la réalité dépasse le champ restreint des perceptions que nous avons d’elle. J’ai très vite compris que l’écriture m’amènerait à regarder le monde autrement, à apprendre un langage aussi subtil et raffiné que celui des fleurs.

Le livre des fleurs ouvre-t-il les hostilités contre ces rats de l’ignorance qui parcourent encore le monde d’aujourd’hui ou se contente-t-il simplement d’ouvrir tous les autres livres ?

Le découvrir peut-être ici et

Le monde me rend ivre

Matthias Pliessnig

Tu restes dans l’ombre et ce mystère qui dessine tes lignes me rend ivre. Ivre de désir et d’amour. Ma faim naît de l’ombre et de l’absence pour ressurgir et s’emparer de mes pensées à chaque instant. Elle étale ses broderies au soleil, me laisse -oh combien – imparfait.

L’obscurité féline caresse ta hanche, recouvre le pli arrondi de ton bras ou la folle avalanche de ton corps étendu sur son côté, contre moi. Pourquoi faudrait-il se satisfaire de rigueur et de raideur alors que tout en toi me laisse désirer une mer mélancolique et laiteuse, une avidité ronde, une volonté lucide et suave ?

Le naturel avec lequel la Beauté mange toutes les parties de ton corps, plante son épine divinement brûlante dans mes gestes vers toi, me jette dans le même brasier que les vagues et les tourments. Toutes mes idées grondent et enflent, m’hérissent.

Mais il me faut rester à l’écart et être raisonnable, supporter ce désespoir originel de ne pouvoir adhérer à la Beauté dont ton corps se gorge quand on se mange. C’est dans ton corps que mon amour se cache et creuse sa caverne. C’est par lui en te donnant à moi que je te comprends et adhère un peu mieux à ce monde. Le monde me semble alors avoir de la contenance et s’habiller d’une réalité que les autres refusent de voir.

C’est le calme de ton âme qui me dore doucement et ondule en moi et en tout ce que j’ai écrit pour toi et par toi. C’est ton corps qui me berce et coule dans mes veines et me désespère tellement parfois. Ta patience répond à mon bouillonnement éternel, d’un silence et me conjure de chercher la paix au lieu de ma course fanatique et effrénée vers tout ce qui me rapprocherait de toi et de ta Beauté. Ma folie me fait croire au miracle de notre union et n’a de cesse de te dévorer encore et encore et de me perdre.

La licorne

Lascaux, replica 03

Je suis un cheval

de mer

parfois on voit

ma crinière lécher le ciel

mon dos

ma croupe

parfois il me faut faire un pas

sur la plage

on me regarde

quand je suis femme

on veut me battre

quand je suis l’homme

je suis un cheval

du ciel

blanc

écumant

et mon galop s’affole

et mon galop se brise

sur vos fronts

durs comme des rochers

je tourbillonne

et vrille

je me perds dans le fond

en tournant sur elle-même

la Beauté m’éblouit.

Le choix des armes

Je ne veux pas apprendre à me battre, à broyer des chemins. Je ne veux pas chercher chez l’autre des symptômes, un destin. Lui découvrir du pus et l’envier. Je ne veux pas apprendre à me méfier. Ne plus connaître que des voleurs et cette avidité pour les honneurs. Je veux être comme la rose : donner des couleurs aux parfums, tendre mes épines pour faire peur. Être là, cerclé de mots, recouvert de phrases. Ne servir à rien.

Les mots, j’en ferai mon art. Ils couperont court, ils trancheront net, ils tueront en une seule phrase les rumeurs idiotes, les idées bossues. Quelques uns dormiront sous mon oreiller, les autres s’agiteront à mon ceinturon ou s’agripperont à ma hanche, les autres vous avaleront comme des anges. Les mots me feront de la tête aux pieds. Mailles fines, points discrets, ils s’aligneront avec une géométrie parfaite dans tous mes cahiers, ils moduleront tous les instants et tempéreront toutes les insanités que la vie me réservera encore. Ils redessineront tous les endroits sordides et froids, se feront les contemplateurs admiratifs de la Beauté partout où elle sera. Je ne jugerai pas.

Je ne sortirai jamais sans cette armure comme le masque rieur de toutes mes défaillances et audaces avortées. Je ne vous devrai rien. Je ne me déferai jamais de la liberté de penser en mots en vous donnant la parole, d’être frêle et de pleurer.

Abandonner les corps de mes textes et mes entêtements absurdes à l’un de ces marchands, je n’y songe pas. Plutôt périr ou tout brûler ! Je veux me garder cette opportunité de m’enflammer pour un simple mot et ses virgules, de me laisser brûler par la curiosité. Et puis, il me plaît de tout donner et puis de tout reprendre selon mes fantaisies. C’est la manière que j’ai trouvée pour dire non à l’ennui qui recouvre vos jours. Je n’ai pas grand chose à perdre.

Mon imagination à force de se tendre vers vous et puis de revenir vers moi s’est construite un corps de serpent, souple et fuyant. Mon agilité est devenue modulable à un point près.

Je me prépare rituellement tous les matins à manger vos actes manqués et les miens, vos détours biscornus, votre futilité et tous mes égarements. Je ne veux pas compter, on ne peut pas compter sur moi. Je suis lâche et j’aime les ombres lorsqu’elles sont bien portées. J’aime les nuages et la vase. J’aime vous observer dans les gares, dans les trains, dans le métro. Partout où vous perdez votre temps, je gagne le mien.

Être un samouraï ici

Fantomatique

Comme une mer inondée de larmes

je me répands onctueusement tout autour de ton âme

et juste en dessous de ton œil

je fais mon nid

On dirait que je songe et que je ne change pas

On dirait que je plonge et ne remonte pas

Pourtant le temps résonne par ondes

dans ma voix

et se ploie entre mes doigts

comme les bras des rivières

J’occuperais tes pensées si seulement tu voulais

Aucun de mes gestes n’est froid ou brutal ou laid

Aucun de mes souhaits ne te coupera la parole ou te laissera défait

Toutes mes couleurs rayonnent et polissent la lumière

Mon amour ne laisse pas de trace morte

ni de remords

Il lisse    il glisse  il contourne

Jamais il ne se lasse des ressacs

et des tendres guerres

Comme une essence de souche

comme une gamme spectrale

comme un mensonge de plus

je voilerai les statues du doute

Je volerai tes craintes pour que tu sois

plus prolifique

et liquide que la pluie

l’été

Laisse-moi te mélanger à ma langue et t’apprendre

par cœur

les ondes amoureuses du mien

lorsqu’enfin je serai captif contre ton sein.

L’image vient d’ici

J’écoutais CocoRosie

Dans le métro

Fayum-69

Dans le métro, assis en face de moi, un portrait du Fayoum. Cette œuvre d’art d’à peine vingt ans porte un manteau chocolat, un pantalon jeans bleu et n’a probablement jamais vu le portrait au quel il ressemble avec tant d’habileté. Ses cheveux ondulent dans la nuit, derrière l’oreille jusque dans la nuque. Sa peau est une plage de sable blond. Ses cils sont épais. Tout en soulignant le regard, ils dessinent une ombre en dessous de l’oeil et donnent du relief à la paupière. Son regard a l’onctuosité du lait d’amandes douces, la force d’une nuit d’été. Sa bouche contient le silence et retient tous les sourires. Ce n’est pas la tristesse, ni le désespoir qui s’appuient si nettement sur les traits de son visage, c’est une conscience lucide et froide. Une conscience qui n’est pas rêche ou amère comme celle des vieillards. Il regarde par la fenêtre du wagon alors qu’il n’y a plus rien à voir si ce n’est les reflets fuyants des autres passagers s’engouffrant dans le noir. Il regarde comme si la mort était passée par là, avait glissé sur son front et touché ses sourcils. Comme si elle avait figé pour l’éternité la beauté de la jeunesse sur son visage. Il est comme si désormais plus rien ne pourrait plus le toucher, le faner, le flétrir. Son cou se noie dans l’ombre du col de sa chemise. Lorsqu’on possède un tel visage, c’est comme si on n’avait plus de corps. Qu’on était plus qu’une âme, cette chose qui plane et se défait de tout.

Les portraits du Fayoum

Pétale

Au plus profond de moi, laissée à elle-même, libre, une petite envie comme un pétale de cristal. Une petite chose docile qui pétille et a toujours faim. Elle mange les grammes de lumière que déplace chacun de vos gestes, les poussières que laissent vos pensées quand elles font des miettes. Votre main agile qui tapote un message rapide comme s’il s’agissait d’un jeu interdit. Votre œil las du lundi matin, celui résolu du vendredi après-midi, celui éteint qui n’attend plus rien. Tout et n’importe quoi la nourrit. Sa petite tête s’incline, sa langue de velours rose sort et rentre de sa bouche. Elle happe toute nourriture en disant oui de son petit corps.

Quand elle ne mange pas, elle dort et rêve de toi. De ton bras, de ton ventre, de ton sexe si tendre et de ton ciel étoilé. Quand elle ne dort pas, elle joue avec des colliers de perles, avec des fils comme des cheveux, avec le temps que tu perds à maudire cet inconnu qui ne t’a rien fait. Quand elle ne joue pas, elle rit. C’est la manière qu’elle a trouvé pour passer son temps. Son temps est infini. Entre une majuscule, quelques virgules et un point. Tout est toujours à refaire, à polir, à oublier.

Mon pétale ne se détache jamais de la fleur. C’est pour cette raison, je crois, que je ne parviens pas à me donner entièrement comme tant d’autres êtres le font si futilement. Ce que je donne n’est jamais le fruit du hasard, un surplus inutile, une manière d’avoir l’autre pour soi et soi seulement. Ce que je donne est mesuré mille fois, modifié des centaines de fois, contemplé une infinité de fois. Ce que je donne est à aimer, seulement en se posant LA Question. Cela ne se voit pas toujours. Cela ne se sait pas : un secret fragile entre cette petite chose docile et moi. Un secret qui nous est poussé dès que j’ai pu tenir entre les doigts un crayon pour écrire. Nous n’avons jamais dénombré les erreurs fatales, pesé le poids de nos larmes, nous ne nous sommes jamais demandé pourquoi. Pourquoi elle et puis moi?C’est dans la nature, c’est flou, indécis. C’est sans raison.

Un jour, tout petit-enfant, en regardant le plafond de ma chambre, j’ai vu, pour la première fois, le pétale de lumière danser. J’ai vu comment il contournait joyeusement les ombres sombres et folles qui me faisaient peur. Soudain, je n’avais plus besoin de pleures et de ma mère. Le pétale jouait dans ce qui était pour moi, l’infini blanc du ciel. Il se posait sur mes doigts, il se posait sur mes lèvres. Sans le vouloir, une fois qu’il jouait de nouvelles fois, au dessus de ma tête, je l’ai avalé en babillant. Il aurait pu ressortir, se laisser mourir ou s’évanouir mais il a choisi de rester près de moi à partager tous mes silences. À faire en sorte que je reste toujours cet enfant. À me creuser une voie. Je n’ai pas honte de le dire : mon regard, mes manières sont restées celles de celui que j’étais à cet instant magique où j’ai avalé le pétale. Dans le monde des adultes, mes pas sont catalogués « d’étrangement inappropriés ». Je préfère leur dire pour simplifier car leur imagination est devenue une feuille morte ou terreau noir pour recouvrir les tombeaux, que je suis moitié cheval, moitié humain, cela les amuse et les conforte dans le plaisir qu’ils ont de ranger ce qui dérange. Hier, mon pétale et moi, nous nous sommes demandés une nouvelle fois, pourquoi tant de gens sur le carreau, pourquoi tant de mémoires défaites, tant de personnes qui ne trouvent pas une place, une vraie où l’on peut être tel que l’on naît ?

Le dernier poème

un microgramme de Robert Walser

À l’hôpital, il n’y a pas d’horizon, de fenêtres ouvertes sur le jour, le temps tourne sur lui-même en prenant de longues pauses. Les gens deviennent les objets oscillants et fragiles d’un mobile, les pièces perdues de puzzles. Partout dans les couloirs, la mort traîne ses pantoufles, se cache dans les symptômes découverts de la maladie. Souvent, il ne reste plus de place pour un soupir, pour ce bref évanouissement de la douleur. Souvent, il ne reste plus que les cliquetis de quelques instruments. On se tait. On s’agrippe des heures aux néons des plafonds. On oublie finalement qu’on est un être humain.

Cela fait vingt-six ans qu’il est là, qu’il s’assied derrière tous ces repas sans âme. Vingt-trois ans qu’il n’a plus écrit un seul mot. Personne ne semble plus s’inquiéter de la disparition de la poésie de sa vie. Personne, sauf lui. Rien ne lui pèse plus que l’absence, le vide qu’il avait délibérément choisi en guise de protestation. Il peut marcher des heures, passer des jours sans parler à personne. Ses rondes silencieuses dans l’enceinte du parc de la clinique le prouvent. Il peut marcher comme un félin en cage mais se plonger dans l’espace, nager dans le temps, pour cela il faudrait qu’il soit libre. Il ne l’est plus : il est malade.

Malade de nous, malade de notre grossièreté brutale, malade de notre course sans but, malade de notre aveuglement. Il est malade à notre place puisque nous sommes démunis de conscience et que nous refusons de voir. Il a abandonné l’écriture et puis, ensuite, la poésie. Ce n’est pas elle qui l’a quitté, c’est lui qui est parti.Tous les jours, elle lui rend visite, la poésie, elle a les poches pleines de projets d’évasion. Tous les jours, il dit : « non, à quoi bon ? Puisque personne ne me lit ? À quoi bon? » Parfois, le désespoir s’empare de lui et le recouvre de regrets. Ils grouillent comme des insectes dans sa cervelle. Ils le guident jusqu’aux bords escarpés de la folie. Il parle tout seul. Il jette ses mains dans le ciel. Il secoue son corps. Il délire pensent les infirmiers.

Il ne délire pas, il est extra lucide. C’est notre monde qui a la névrose, qui est sclérosé et bancal.

Voilà qu’il s’est mis à neiger. La neige berce le ciel pour qu’il s’endorme. Il neige. Il a neigé. Il est là, derrière la fenêtre à la regarder tomber, à la laisser faire le silence, à dessiner la délivrance. Les branches noires des arbres ressemblent à des coups de pinceaux sur une toile blanche. À l’écriture illisible d’un petit manuscrit.

Il a neigé, c’est l’heure de sa ronde. Il sort. Sous sa cape, son pyjama, dans ses chaussures, ses pieds nus. Il n’a pas froid. Il marche. Il marche et se sent toujours de plus en plus léger. Il marche, il court, il danse. Il chevauche les collines froides, dévore le vent. Il marche jusqu’à ne plus pouvoir, jusqu’au bout du monde. Éreinté, il finit par se coucher là, n’importe où, au milieu de nulle part. Il ne retournera pas à l’hôpital. C’est ici qu’il veut être : tout en bas d’une page blanche, tâchée de son écriture si petite et si noire. Si légère, si dépourvue de tout. Il ne veut plus être qu’un point.

 

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