Tâtonnements

Il a souligné de noir les contours singuliers de son territoire


et puis répondant au son de son nom
de deux syllabes identiques


il est venu vers toi


il a frôlé les végétaux

a répandu ses pas comme des gouttes de pluie sur le sentier

il a donné son corps contenant comme une lanterne la flamme de son âme à la caresse que lui tendait ta main

et puis il a disparu à l’instar d’un fantôme remettant la dernière frange de réalité en jeu


Aurais-tu donc encore rêvé?

Main

Pour maintenir un squelette défait,
plusieurs visses dans le tibia

Mais parfois, je n’empêche pas
maladroite l’évaporation de la colonne vertébrale

Il reste à peine de quoi me donner un nom
îlot alimenté par sa propre dérive

Espace semblable au goulot d’un labyrinthe trop étroit pour un pas
Est-ce toi qui soudain de tes ailes m’enlace?

ton corps autour du mien me dit que
tout va bien