Soulèvement

Greg Anka – nonameyet, 2009

Dans le cri d’un oiseau

le ciel bascule

et se met en mouvement

il se met à pleuvoir

de ces questions qui ne me mènent

nulle part

Est-ce une tâche à laquelle il faut

que je réponde

alors que pour échapper à la guillotine

de mes pensées  j’emprunterais

tous les sentiers

je ne peux vivre dans ce scaphandre

dont le cordon ombilical

me lie si insidieusement

aux profondeurs froides

La cathédrale

Lorsque je ferme les yeux, je vois l’image d’une construction qui ressemblerait à une cathédrale. Les chants des mots lui donnent de la ferveur. Les phrases en sont la structure et se disposent pour en assurer la beauté et la solidité.

En posant la première syllabe, après avoir franchi le porche, on glisse dès les premières lettres vers les mots de la nef et puis, ensuite, vers ceux qui construisent l’abside. Les vitraux chantent en vers. Le chœur est une prose simple, pour l’entendre, il faut que quelqu’un en joue les quelques notes en tapotant de ses doigts. Le monde paisible repose sur les voûtes, il s’est choisi des colonnes aux bases solides qui se dressent comme de belles évidences. La rosace est un œil lumineux. Le tabernacle s’ouvre sur un tout petit secret dont l’émeraude luit distinctement encerclée d’or, adulée par le jour.

La charpente est une phrase en dentelle. Le clocher pointe le ciel du même doigt que l’enfant.

Les mots sont soudés les uns aux autres. Pas un seul ne pleure, tous se tendent. La cathédrale serait comme la prière que l’on fait au silence.