Revirement

L’abeille 

Étourdie et ivre du mouvement des feuillages et de l’ombre 

S’est posée sur mon bras a glissé 

Vers l’endroit où les veines se voient 

Avant qu’elle ne plante le dard 

Je l’ai délicatement poussée du doigt 

Afin qu’elle retrouve ses esprits et ne meure pas 

Une fraction infime du temps lui a suffit pour comprendre 

La vie et mesurer un choix 

À peine visible

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©Bertelsac via https://www.instagram.com/bertelsac/?hl=fr

Je lis à l’ombre, près du mur qui à la nuit tombée se constelle de geckos. Entre et puis disparaît dans une fente du bois de la table, une abeille. Son corps délicat, son vol auréolé lorsqu’il s’approche de l’endroit me fait oublier le dard. D’ailleurs, l’animal ne se préoccupe nullement de cette statue de sel scellée à un fauteuil, un livre à la main.

J’ignore si elles sont plusieurs à s’infiltrer dans cette mince ouverture. Il me semble qu’affairée ce soit toujours la même qui éternellement découvre, rêve, sommeille, part et puis revient.
L’entrée est à peine visible mais le monde au quel je n’ai pas accès ne peut que se construire dans l’espace où rêve et imagination battissent des galeries, des alvéoles infinies en si peu de temps que l’on croit cela impossible.
La chose est établie, une abeille a découvert ce qu’hélas ne cherche plus aucun humain, une faille, une ride, un début sans fin.