Revirement

L’abeille 

Étourdie et ivre du mouvement des feuillages et de l’ombre 

S’est posée sur mon bras a glissé 

Vers l’endroit où les veines se voient 

Avant qu’elle ne plante le dard 

Je l’ai délicatement poussée du doigt 

Afin qu’elle retrouve ses esprits et ne meure pas 

Une fraction infime du temps lui a suffit pour comprendre 

La vie et mesurer un choix 

Fourmillement

Tu as

Fermé les yeux et

Sur la trame que tissent 

Les voies olfactives autour du nid

Nous sommes mille 

À aller 

Sans ailes 

Nous sommes mille à ne former qu’une seule 

L’agitation est telle que tu cherches à nous imprimer un rythme jusqu’à ce que tu voies

Que les nôtres domestiquent déjà 

Toutes les touches du piano que tu rêves d’avoir sous les doigts 

Apprivoiser cette armée de pattes d’antennes de mandibules apprivoiser la distribution du miellat 

T’essouffle 

Tu n’y arrives pas 

Reveille-toi 

Message

La guêpe dans la tasse de thé fleurie 

fait résonner son coeur 

battement d’ailes frénétique

et puis se pose sur le mot

que je vais lire pour m’interdire

de progresser simplement d’un mot à un autre

faut-il que je survole  et oublie le mot 

Dard

à moins qu’il ne soit trop tard 

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