Parcelle

Mon désir frétille se faufile

dans ces torrents de vêtements

qui séparent

encore

nos deux peaux

je fonds

sur toi

j’avalange

en toi

ta bouche dégouline et coule

jusqu’à

trouver les bons maux

Je confonds

lequel de nous deux

sera la parcelle de lune la parcelle de miel

Big Bang

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dehors le jour éclate mais toi

tu ne vois pas plus loin

que l’horizon de mes reins

tu me baises l’épaule

tu caresses mon sein

et tu es sur le point

de voir noir

quand soudain

s’allume l’incendie qui

me fait trembler

et gémir

Condor

Mochica Headress Condor

Il est un de ces oiseaux de proie

et moi

j’attends l’acier de ces serres

Je vais sans plus me donner de sens

car son désir surpasse mes rêves

Il se déploie de sa plus cruelle envergure.

Il va comme une brûlure

il s’éloigne comme une morsure

Son ombre plane et ne m’accorde plus de trêve

quand décidera-t-il de me tuer quand

fera-t-il de moi la particule privée d’un tout

flottant dans le noir

quand me laissera-t-il quand

j’aurai encore envie de lui

envie d ‘éprouver au delà du possible

la coupure

le si douloureux

déchirement de mon être

attendre son divin manège

le ciel est tout autour de moi

il vole au plus profond de mon ventre en mon centre en mon sexe

j’espère follement cette nouvelle existence

tourbillonnante

friable

quand il me fera mal quand il me dévorera

sur les bords coupants de nos deux volontés

Je bénirai ces instants où il s’abattra sur moi

me dévoilera

se plantera à l’endroit

où nos désir et nos peurs sont

si incandescents

Mon Ange

J’ai mal au cœur. On joue du tambour au fond de moi. Un étrange cortège se prépare à prendre le pas. Mon sang bat la débâcle.
Je marche contre le vent et contre tout.
Je m’enfonce de plus en plus dans ce qui ne ressemble plus à de la peur. Le temps se défait des secondes, très lentement. Il perd son sang goutte à goutte.
Les étoiles que tes paroles ont brodées, pour moi, dans la nuée, jettent à mes pieds, les baisers que tu leur avais confiés. Elles remontent en jouant le long de mes jambes jusqu’à mon sexe. Je me sens enveloppée de toutes parts par tes caresses. Tu te promènes en mon corps comme un nouveau nénuphar.
Je veux me laisser manger par un ange, pour la seconde, faire partie de ton monde. Je t’abandonnerais mes frontières à fin de gagner les tiennes. Je veux revendiquer ton âme, la nouer enfin à la mienne. Te convaincre que ton corps de femme, le tien uniquement, est d’une Beauté idéale. Il survole avec infiniment de patience, les apparences dociles que la jeunesse accorde en se moquant des autres femmes. Dans les eaux de ton lac, dort un tigre, ma chérie. Il transgresse le temps d’un coup puissant de griffes pour accéder à ton éternité pleine et ronde.

Sans coeur

 

Mon coeur est noué à une corde tendue par ma peur au dessus du vide. Elle le tire sans mégarde, derrière elle, comme l’esclave. Je suis condamné à poursuivre ma peur si je tiens à mon coeur.

Quand je traîne les pieds, le noeud de mon coeur se resserre jusqu’à presque l’étrangler. Si je devance ma peur, elle se met à me suspendre, dans le noir. Mon coeur et moi, pendus, en déséquilibre, on supplie.

Parfois, je ne me reconnais pas, ne reconnais plus ce coeur comme étant le mien.

Parfois, ce coeur crie pendant des jours, il se bat contre moi, pour se faire entendre. Je ne l’écoute pas parce que j’ai peur. Je voudrais pouvoir oublier ces jours où je progresse sans coeur. Je voudrais pouvoir arrêter cette machine infernale trouant le cahot. Je n’aime pas faire mal, la souffrance écoeure.

C’est à entendre comment battent ceux des autres, qu’enfin je retrouve le mien. Fatigué. Irrité et pourtant toujours prêt à bondir et à suivre la main qui caresse mon âme si tendrement.

Au bout de ma peur, il y a l’autre, territoire inconnu. Forêt vierge, incontournable. Étendue que je ne mesure pas.

Est-il pris par ces mêmes tornades? Je n’en sais rien. Ses torrents sont tellement différents des miens! Mais son coeur, son coeur contre mon oreille, enlacé par mes bras, lui, ne s’enfuit pas.

Or et noir

Tu te pares de noir, d’or et de blanc,

Tour à tour, l’une et puis l’autre,

Tu danses et se dessine une auréole

Tu enjambes les lettres comme les collines

Tu me tiens, tu m’enlaces, tu me berces et me câlines

Tu me prends la main et tu joints l’infini par les deux bouts.