Sans coeur

 

Mon coeur est noué à une corde tendue par ma peur au dessus du vide. Elle le tire sans mégarde, derrière elle, comme l’esclave. Je suis condamné à poursuivre ma peur si je tiens à mon coeur.

Quand je traîne les pieds, le noeud de mon coeur se resserre jusqu’à presque l’étrangler. Si je devance ma peur, elle se met à me suspendre, dans le noir. Mon coeur et moi, pendus, en déséquilibre, on supplie.

Parfois, je ne me reconnais pas, ne reconnais plus ce coeur comme étant le mien.

Parfois, ce coeur crie pendant des jours, il se bat contre moi, pour se faire entendre. Je ne l’écoute pas parce que j’ai peur. Je voudrais pouvoir oublier ces jours où je progresse sans coeur. Je voudrais pouvoir arrêter cette machine infernale trouant le cahot. Je n’aime pas faire mal, la souffrance écoeure.

C’est à entendre comment battent ceux des autres, qu’enfin je retrouve le mien. Fatigué. Irrité et pourtant toujours prêt à bondir et à suivre la main qui caresse mon âme si tendrement.

Au bout de ma peur, il y a l’autre, territoire inconnu. Forêt vierge, incontournable. Étendue que je ne mesure pas.

Est-il pris par ces mêmes tornades? Je n’en sais rien. Ses torrents sont tellement différents des miens! Mais son coeur, son coeur contre mon oreille, enlacé par mes bras, lui, ne s’enfuit pas.

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