le vent soulève les vagues
les vagues s’échouent sur la plage
les feuilles de l’olivier boivent la lumière
mais mon coeur ne se nourrit que de bruit
battements d’ailes écume
résonances des roches
au-dessus de la colline le ciel devient violet
le vert s’assombrit
et quand je ferme les yeux
des voix tissent une étoffe improbable
fil pourpre fil bleu
ciel verdoyant
Le vent soulève les vagues
après une plongée en apnée
interminable je regagne la surface
inspire par les évents puis expire
une brume de souvenirs pour chasser au large
les restrictions l’absence d’oxygène
le cétacé que je suis se demande
comment des profondeurs nocturnes
pourrait-il accéder aux sommets des montagnes
il entend les voix qui gravissent
et atteignent les diverses étapes nécessaires
à l’ascension
fil pourpre fil vert fil violet elles étoffent
mais il faut sans cesse repartir du silence
aux pieds de la pente
l’écho n’est plus qu’un reflet de la mélodie
que les voix fil pourpre, fil vert fil bleu ont tenté de porter
jusqu’au chant le sommet de la montagne
qu’on atteint pas
Le vent soulève les vagues
ton corps la nuit comme échoué
diffuse un parfum d’iode de sable brûlé
et de pommes de pin la lune pleine
se répand en phrases lumineuses
que personne n’écoute la mer pour effacer
son message frôler ses larmes
réveiller sa gaité elle entreprend son voyage
identique qu’est-ce qui la grignote un peu
plus chaque jour
tes questions sans réponses
cétacé insatisfait