Paysage

Mon paysage intérieur est une nature morte

une mandoline posée sur une table

se comporte comme un fruit

les couleurs sont dénouées mon cœur flotte

et se prépare à apprivoiser le temps

à le laisser couler comme un ruban de lumière

sur toutes les apparences la goutte de carmin

qui rassemble allume une fête muette

les sensations nouent des alliances avec les choses

sans attendre

je respire

tout se tient prêt à rentrer dans le cadre

de ma fenêtre ouverte sur le monde.

°

Le ciel est dur et sec.

Dans la chevelure patiente des arbres qui se tendent,

le soleil

avec science étale sa dentelle frissonnante.

Le temps estompe l’écoulement des secondes dans l’ombre,

aux pieds impassibles de la jeune forêt

qui progresse.

Si l’hiver arrive,

on l’attend calmement dans un silence transparent.