La vague – Gustave Courbet, huile sur toile-1872
Ici, la nuit était comme un tableau de Courbet
On entendait la mer dans le ciel.
Cette peinture était dans mon rêve et je l’ai retrouvée: là
La vague – Gustave Courbet, huile sur toile-1872
Ici, la nuit était comme un tableau de Courbet
On entendait la mer dans le ciel.
Cette peinture était dans mon rêve et je l’ai retrouvée: là
La mer flambe
mille petites mains
tremblent et applaudissent
Autour du vide, il y a ma structure imaginée comme des phrases aléatoires. Autour du rien pour l’embellir, il y a ces calculs savants, ces formules magiques. Il y a le décomposable, la matière régénératrice, la vie et ses trajectoires.
Autour de ces bulles d’oxygène, il y a tous mes points comme une chaîne, comme un filet, comme une traîne. Des échelles où il faudrait que tu grimpes, des surfaces qu’il faudrait que tu explores, des idées qu’il faudrait que tu touches.
Une architecture mentale qui ne rogne rien à ton être. Son rythme semble copié sur celui des marées pourtant le rien et l’incroyablement petit ne subit pas de traction, ne comporte pas de contorsion. Il invite souplement comme dans un rêve à aller et venir en flottant. Il tourne sans étourdir, il contourne sans mentir.
Je pourrais être une boucle, un bijou, un tissu, une décoration ordinaire mais j’ai choisi avec la douceur d’associer ma grâce à la beauté et de me poser là, juste à côté de toi et de tes pensées.
Les éponges ont des capacités surprenantes que je ne soupçonnais pas.
Le soleil marche dans l’herbe moite
les arbres ont des ailes et moi
j’ai le cœur qui boite
Mon livre serait un jardin qu’il suffirait de feuilleter. Enfantin, joyeux, il serait un émouvant arrangement de mots et de fleurs, la légèreté du baiser des papillons m’encerclerait et toi, tu serais ma seconde peau.
Ton rayonnement apposerait sa chaude caresse sur chaque phrase. Tu permettrais au silence de se faire le complice du soleil quand nous montrant midi de son doigt, il nous rend tous muets et béats.
Toi, ma belle, tu te chargerais de l’harmonie et de la Beauté. De la limpidité, aussi. Il suffirait de te voir pour boire et croire à l’infini.
On se refuserait à mûrir. Il n’y aurait plus d’équivoque, de zone grise mais de l’ombre pour reposer nos inquiétudes et nos regrets. On respirerait tes parfums et ceux de ces vents essoufflés par les mers trop agitées.
Notre plus belle lettre serait le Ô de l’émerveillement.
Chaque jour aurait sa page, chaque mot sa seconde. Mon livre serait le premier à ne rien renfermer, à ne rien enseigner. Il ne prendrait fin si toi, mon Amour, tu t’en fais le savant jardinier.
Si tu le veux bien je serai la première lettre qui naitra de ta bouche ensoleillée
je serai le mirage que les cieux assoiffés abandonneront
Le corps lassé des fausses chansons
je serais la perle émerveillée la pupille triste de l’été.
Si tu le veux bien
je ferai tous les voyages consolerai les nuages
de ne pouvoir enlacer tes rivages
je cacherai les silences de tes flots
sur les ailerons des requins citrons
Je dirai aux voleurs de coraux
aux bateaux qui déchirent les eaux
que tu t’es dissolue que tu t’es évanouie entre les dents d’une prison.
Je raconterai aux enfants que ta nudité s’appelle liberté
que tu l’as recueillie dans le souffle
de ces coquillages miraculeux
qui imitent la mer lorsqu’elle est amoureuse
Je dirai que tu n’es qu’un ruban de sable un tissu de poussière
J’inventerai que tu n’es qu’un collier de rocailles tout à fait ordinaire
Seules mes caresses et mes rêves murmureront en secret : « elle est mon île »
La mer est si profonde qu’elle semble être une tombe
Elle ne montre qu’une infinité sombre et bleutée
que rien n’émeut même pas la translucidité
de ses eaux légèrement nacrées
Je nage en caressant ses effluves
en craignant les embruns et sa mélancolie
Je ne suis pas tranquille je suis las
La mer est si sombre à tant d’endroits
qu’on ne veut que se laisser fondre dans ses bras
Que je me confonde aux créatures les plus étranges
qui rampent et qui boivent ses courants
ses précieuses liqueurs et ses parfums
Parfois on les voit qui survolent les flots houleux
aux heures où le ciel se noie furieux
La mer ne fait parfois presque pas de vagues
et se répand sur la peau des baies et des plages
comme un tissu de soie
Au loin j’aperçois les oscillations brillantes
de quelques larmes froides
Le vent veut chiffonner les vagues
et puis se mettre à les aimer
La mer se déploie comme un troupeau affolé
un torrent de flammes
la chevelure d’une reine dont on tombe amoureux
Je sens son cœur battre contre les falaises et les rochers
Le ciel trembler et songer mon Dieu que la marée est belle