Autour du vide

SpongeXenophorid

Autour du vide, il y a ma structure imaginée comme des phrases aléatoires. Autour du rien pour l’embellir, il y a ces calculs savants, ces formules magiques. Il y a le décomposable, la matière régénératrice, la vie et ses trajectoires.

Autour de ces bulles d’oxygène, il y a tous mes points comme une chaîne, comme un filet, comme une traîne. Des échelles où il faudrait que tu grimpes, des surfaces qu’il faudrait que tu explores, des idées qu’il faudrait que tu touches.

Une architecture mentale qui ne rogne rien à ton être. Son rythme semble copié sur celui des marées pourtant le rien et l’incroyablement petit ne subit pas de traction, ne comporte pas de contorsion. Il invite souplement comme dans un rêve à aller et venir en flottant. Il tourne sans étourdir, il contourne sans mentir.

Je pourrais être une boucle, un bijou, un tissu, une décoration ordinaire mais j’ai choisi avec la douceur d’associer ma grâce à la beauté et de me poser là, juste à côté de toi et de tes pensées.

Les éponges ont des capacités surprenantes que je ne soupçonnais pas.

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Le soleil marche dans l’herbe moite

les arbres ont des ailes et moi

j’ai le cœur qui boite

En verre

Soudain, il ne restait plus de moi que des fragments

et une entaille

un chapelet de mots autour de mes poignets

et ta main maintenant

se pourrait-il que tu aimes mes étranges diamants

et mes pétales de verre ?

Papillon

Mon livre serait un jardin qu’il suffirait de feuilleter. Enfantin, joyeux, il serait un émouvant arrangement de mots et de fleurs, la légèreté du baiser des papillons m’encerclerait et toi, tu serais ma seconde peau.

Ton rayonnement apposerait sa chaude caresse sur chaque phrase. Tu permettrais au silence de se faire le complice du soleil quand nous montrant midi de son doigt, il nous rend tous muets et béats.

Toi, ma belle, tu te chargerais de l’harmonie et de la Beauté. De la limpidité, aussi. Il suffirait de te voir pour boire et croire à l’infini.

On se refuserait à mûrir. Il n’y aurait plus d’équivoque, de zone grise mais de l’ombre pour reposer nos inquiétudes et nos regrets. On respirerait tes parfums et ceux de ces vents essoufflés par les mers trop agitées.

Notre plus belle lettre serait le Ô de l’émerveillement.

Chaque jour aurait sa page, chaque mot sa seconde. Mon livre serait le premier à ne rien renfermer, à ne rien enseigner. Il ne prendrait fin si toi, mon Amour, tu t’en fais le savant jardinier.

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Le silence de tes flots


les photos ont été trouvées ici

Si tu le veux bien je serai la première lettre qui naitra de ta bouche ensoleillée

je serai le mirage que les cieux assoiffés abandonneront

Le corps lassé des fausses chansons

je serais la perle émerveillée  la pupille triste de l’été.

Si tu le veux bien

je ferai tous les voyages consolerai les nuages

de ne pouvoir enlacer tes rivages

je cacherai les silences de tes flots

sur les ailerons des requins citrons

Je dirai aux voleurs de coraux

aux bateaux qui déchirent les eaux

que tu t’es dissolue que tu t’es évanouie entre les dents d’une prison.

Je raconterai aux enfants que ta nudité s’appelle liberté

que tu l’as recueillie dans le souffle

de ces coquillages miraculeux

qui imitent la mer lorsqu’elle est amoureuse

Je dirai que tu n’es qu’un ruban de sable un tissu de poussière

J’inventerai que tu n’es qu’un collier de rocailles tout à fait ordinaire

Seules mes caresses et mes rêves murmureront en secret : « elle est mon île »

L’infinité

Deep water wave

La mer est si profonde qu’elle semble être une tombe

Elle ne montre qu’une infinité sombre et bleutée

que rien n’émeut même pas la translucidité

de ses eaux légèrement nacrées

 

Je nage en caressant ses effluves

en craignant les embruns et sa mélancolie

Je ne suis pas tranquille je suis las

 

La mer est si sombre à tant d’endroits

qu’on ne veut que se laisser fondre dans ses bras

Que je me confonde aux créatures les plus étranges

qui rampent et qui boivent ses courants

ses précieuses liqueurs et ses parfums

Parfois on les voit qui survolent les flots houleux

aux heures où le ciel se noie furieux

 

La mer ne fait parfois presque pas de vagues

et se répand sur la peau des baies et des plages

comme un tissu de soie

Au loin j’aperçois les oscillations brillantes

de quelques larmes froides

Le vent veut chiffonner les vagues

et puis se mettre à les aimer

 

La mer se déploie comme un troupeau affolé

un torrent de flammes

la chevelure d’une reine dont on tombe amoureux

Je sens son cœur battre contre les falaises et les rochers

Le ciel trembler et songer mon Dieu que la marée est belle