
Dans son cocon de lumière
la lune se prépare
à éclairer la nuit

Dans son cocon de lumière
la lune se prépare
à éclairer la nuit

Le ciel se laisse porter par les ramures lasses
des arbres il nage entre les troncs
jusqu’à la fin de l’horizon
le ciel porte les stigmates
du vent comme nos visages les rides
demain la brume qui habite mon regard
et peuple chacun de mes gestes par de petites larmes
se sera dissipée ou aura
retrouvé sa place dans le canal

Les lettres sont sur mes pages
comme des petits points de suture
qu’est-ce que les plaies ainsi cachées
peuvent bien avoir à dire de moi
Je suis morcelée j’ai voulu observer et comprendre
tous les visages de l’homme
j’ai parcouru le regard vide l’âme lasse
toutes les rides rendues à la vie sauvage
par les jours de débâcle et par les heures où de la vie
il ne reste plus que la bave.

Mon angoisse est insoluble je le sais bien
car les murmures inaudibles
et les non-dits des êtres humains
les yeux qui coulissent si près des paupières
forment autour de moi
comme un corset à la manière
de l’araignée autour de sa proie.

÷
La spirale brumeuse de tes idées
serpente et s’échappe
peu à peu
comme les nuages en écharpe
qui tournent dans les cieux
et emballent les sommets
enneigés des montagnes
en mourant elle
révèle les rêves perdus
et oubliés d’un autre bout du monde
elle tremble comme une dernière flamme
en lambeaux
petite tempête de sable elle s’érode en rampant
que sont devenus les galops de tes plus fougueux coursiers
les tapotements des doigts
à la surface d’un lac de pierres
vertes
te rappellent péniblement que la course
n’ a pas de vraie victoire.

J’ouvre la fenêtre
et il ne me reste plus qu’à cueillir
les fleurs longilignes de la pluie