Aussi fort que l’ennui
le ciel gris crie
les nuages laissent
les épaves des vieux voyages
à dévorer par la pluie
L’horizon happe ma raison
mes lancinantes détresses
et rêve de l’ivresse
Aussi fort que l’ennui
le ciel gris crie
les nuages laissent
les épaves des vieux voyages
à dévorer par la pluie
L’horizon happe ma raison
mes lancinantes détresses
et rêve de l’ivresse
La paresse avance
en trainant
ses savates.
L’horizon se prépare
plissé de détresse
à déployer sans faiblesse
les guerres mûries
en ses flancs
ne sont silencieux que pour ceux qui
ne voient pas
ne rêvent pas
l’hiver ils tendent leurs doigts
froids
se tendent
en mots sans refrain
la nuit
Le vent mélange les cheveux des anges
parcourt les allées en sifflant
s’épanche longuement
et s’écoule lentement
dans le ciel
affole les chevaux
invente leurs galops
épanouis
invisibles
au delà des rivières
le vent ne tempère pas ses colères
Les étoiles s’allument
mais où est la lune
la mer est le ciel de la terre
les nuages de vague en vague
nagent
la lune veut tirer vers elle
la grande couverture du ciel
tissée de bleus de verts de gris
le ciel est la mer de la terre
qu’est-ce qu’il se cache derrière
le soupir le souffle du temps
le vent
n’importe qui ou quoi ou qu’est-ce
toutes ces petites choses inutiles je les laisse
courir, aller, partir sans qu’elles ne se blessent
Mon sang
coule
comme de la confiture
Les chevaux dans le ciel s’impatientent
l’attente immobile devient impossible
la peur
la fuite
se tiennent aux aguets
dans leurs crins
que les vents tourmentent
Le ciel est épais et prêt à bouillir
près de toi
comme le lait chaud
dans la casserole