je suis bien trop lâche pour signer
je me lasse
si vite
je vous laisse
aller
je suis bien trop lâche pour signer
je me lasse
si vite
je vous laisse
aller
Je ne suis pas un auteur
il ne m’importe pas d’apposer mon nom
aux pieds des mots
que mon cerveau aura rencontrés
par pudeur
ils ne m’appartiennent pas
Je ne ferai pas de vous lecteur
un voleur
Je ne lis ni les modes d’emploi
ni les lois
je ne puis bien me tenir entre deux lignes
les choses se doivent d’être simples et limpides
pourquoi me faudrait-il cacher mon cœur derrière un sens
je ne marche jamais dans le bon
je m’égare à chercher le meilleur
ouvrir vos tombeaux me fait peur
je préfère la compagnie des spectres moqueurs
qui rient
la nuit dans les forêts où les ombres
allument des incendies.
Aussi fort que l’ennui
le ciel gris crie
les nuages laissent
les épaves des vieux voyages
à dévorer par la pluie
L’horizon happe ma raison
mes lancinantes détresses
et rêve de l’ivresse
La paresse avance
en trainant
ses savates.
L’horizon se prépare
plissé de détresse
à déployer sans faiblesse
les guerres mûries
en ses flancs
ne sont silencieux que pour ceux qui
ne voient pas
ne rêvent pas
l’hiver ils tendent leurs doigts
froids
se tendent
en mots sans refrain
la nuit
Le vent mélange les cheveux des anges
parcourt les allées en sifflant
s’épanche longuement
et s’écoule lentement
dans le ciel
affole les chevaux
invente leurs galops
épanouis
invisibles
au delà des rivières
le vent ne tempère pas ses colères
Les étoiles s’allument
mais où est la lune
la mer est le ciel de la terre
les nuages de vague en vague
nagent
la lune veut tirer vers elle
la grande couverture du ciel
tissée de bleus de verts de gris
le ciel est la mer de la terre
qu’est-ce qu’il se cache derrière
le soupir le souffle du temps
le vent
n’importe qui ou quoi ou qu’est-ce
toutes ces petites choses inutiles je les laisse
courir, aller, partir sans qu’elles ne se blessent