Milvus milvus

oeufs de Milvus milvus – Muséum de Toulouse

Dans le ciel, juste le souffle bleu des vagues et royalement, le milan. De ses plus belles plumes, il inscrit une ombre. Entre elle et lui, le fil d’une toile d’araignée. Se suspendent alors qu’il accorde ses phrases, les battements d’ailes du papillon jaune, les battements de coeur du batracien, du rongeur, de la couleuvre à collier.

Quand l’ombre est enfin ajustée, le monde se suspend. On l’oublie pour remarquer que derrière la colline un troupeau de nuages broute et puis sans doute s’endormira sur le versant sombre de la montagne. Leurs rêves ne se dissiperont pas avant ce soir.

Plusieurs fois le regard du milan croise celui du petit cadavre. Il y aurait comme une passation de pouvoirs. Aurait-on cessé les combats? L’arbre grince, un oiseau signe le contrat en se faisant passer pour un cobra. Le papillon reprend sa promenade de pétales, les reptiles regagnent les plis ensoleillés du muret. Sur les branches des haies parfois se croisent les doux regards noirs de quelques rongeurs si petits. 

La feuille fera semblant d’avoir tout oublié, il faut que tout recommence, même la brièveté.

Un messager

Muramasa Kudo

La porte s’ouvre

seule

entrent venus du jardin

un ange et le chat

l’un est un ruisseau
un filet d’air
la voix d’une vague

peut-être

l’autre est comme toujours
en lisière du silence

il est le seul
à voir à savoir

l’ange sort mais reste
comme la longue queue d’un cerf-volant

le chat

qui cherche la caresse d’avant le rêve.