
Petit chat, un souffle se dérobe pour frôler les herbes et faire miroiter une ombre dans leurs touffes floues, petit chat, et toi tu rêves et fais semblant de n’avoir rien perçu.
Petit chat, l’orage menace de sa voix rocailleuse et toi tu lèches ta patte, chaque coussinet noir se fait plus doux, petit chat. Tu marches souplement car c’est toi petit chat, qui crois déplacer les planètes et jouir de leurs territoires.
Petit chat, les oiseaux se taisent, les fleurs n’en finissent plus de frémir et toi, petit chat, tu regardes et apaises un temps qui pèse de tout son poids.
Petit chat, je rêve et je crois regarder ce que tu vois inscrit dans les feuillages, rampant sur la terre à l’abris du bruit et du silence Mais quand je lève les yeux, petit chat, petit chat, tu as disparu alors que mon rêve lui s’est incrusté et ne me quitte pas. Un rêve petit chat de petit chat.