Morse


© Marisa Ramírez / Rieko koga

La nuit, les limaces tracent des cartes. Routes en pointillés et frontières de double épaisseur à peine visibles à l’oeil nu. Mais les lignes sont bien là, gluantes. Elles semblent désigner les trajets précis de la brûlure qui hante l’espace entre mes articulations. Les limaces vont là lentement où l’os est assoiffé. Il n’est pas rare qu’elles empruntent la voie des nerfs. 

J’ai vu des feuilles dont la transparence laissait voir avec une précision hypnotisante la pureté du dessin d’une fleur improbable. Les pétales réunis par un coeur d’où déborde un faisceau de pistils. 

J’ai apprivoisé une colonie de fourmis noires. Mots en morse pour décider d’un passage. Entre les lignes, au-delà des points, des fourmis blanches pour un silence qui suffoque. Il est maigre, le filet, ténu son courant de petite source. Effleurer la feuille pourtant suffit amplement à libérer un parfum. 

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