Dissection

Tu as cru que je viendrais portée comme une note de musique par des auréoles colorées.

Tu croyais que tu pourrais me prendre dans les bras,

me récolter dans tes paumes, me contenir dans un songe.

Tu voulais m’apprivoiser, tu pensais que mes rires soulageraient tes blessures. Tes petites entailles par lesquelles le monde se faisait sentir et semblait parfois ressurgir de tes plus sombres profondeurs.

Tu ne guériras pas de ce que la vie a maintenant fait de toi.

Ma tendresse est trop molle et mon silence avance comme les marées noires : il arrivera trop tard. Ton cœur est déjà froid.

Ton propre souffle est en train de t’asphyxier.

Sous ton œil, le cerne dessine comme un croissant de lune bleuâtre et dans ton ventre,

le noyau vicié d’un soleil écarlate tremble en entendant au loin les premiers cris de la mort.

2 commentaires sur « Dissection »

  1. en train de d’asphyxier. t’asphyxier, plutôt ?
    Ce poème est d’une beauté magnifique et sauvage ! J’en reste tout étourdi.
    Bravo

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