J’ai rêvé que j’étais enfin devenu un arbre.
Mes larges mains s’enfonçaient dans la terre comme des racines
je prenais pied sur n’importe quel terrain
les sables mouvants ne se faisaient plus craindre
les embruns me servaient de parfum
à imiter pour mes fleurs
la pluie même folle même rare ne tarissait jamais mes espoirs
une larme perlait à chacune de mes épines comme autant de grains de beauté
ma sève était une lave sacrée pour les petits peuples qui ne sont jamais fatigués
mon allure était étrange tant j’avais de branches
mes feuilles brandissaient des lances d’argent
se froissaient les nuits de grand vent
et se taisaient
face aux forêts de flammes
des soleils affamés
