D’un seul oeil

Cosmè Tura 037

Mon cheval danse dans le vent

comme un dragon marin

la pointe culminante de ma lance

au bout de mon poing

la mort viendra soulever ton drap

donner à ton visage

sa vraie laideur

ta bouche noueuse ne parlera pas à ma pitié

ton front s’est soudé au mensonge

comment pourrais-je le nier ?

il est noir comme les baves

durcies

je croyais impossible

qu’on puisse vivre sans aimer

que j’avais dû me tromper

Mais

attends que je te vise

ou que je te regarde d’un seul œil

pour te haïr

Mon cheval mettra le feu

aux prairies

ses sabots

la boue de ses sabots

est plus noble que toi

tu vas périr

car pour moi

depuis des années

tu as cessé

de vivre.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.