Pour te retrouver

J’ai posé mes lèvres sur les tiennes et puis un baiser sur ta joue si près de l’oreille que tu aurais pu entendre comment mon cœur remuait la terre et le ciel dans le reste de mon corps. Je t’aime, tu me dévores. J’ai glissé jusqu’à ton cou où la peau est si fine et si douce. Pour embrasser cet instant de paix à peine dessiné entre tes deux clavicules, j’ai dû écarter quelque peu le col de ton chemisier. J’ai soulevé de mes mains tes vêtements pour découvrir ton ventre, pour respirer au même rythme que ta peau. Ton nombril comme l’oeil d’un cyclone attendait mon baiser pour envahir mon monde de sa majestueuse  tempête.

J’ai défais le bouton de ton pantalon pour attraper ce poisson. Il aurait peut-être pu surgir de sa forêt d’humus tendre. Je l’ai embrasé par les caresses de ma langue et ce désir fou de t’engloutir en commençant par l’ endroit de ton corps, le plus pointu, le plus sensible et le plus indomptable. Rentrer par cette petite fente jusqu’à ton âme.

J’ai rêvé que tu me pénétrais comme une fille, que je te chevauchais et quand tu caressais mes reins et puis mon torse, il me poussait des seins pour combler tes mains et nourrir délicieusement ta bouche. Mes hanches épousaient toutes tes courbes comme des flots. Les vagues et puis leur mousse se languissaient de tes mots.

J’ai rêvé que j’étais ce mammifère marin t’inventant une prison de bulles comme si tu voulais encore lui échapper. Une couverture comme celle de la lune recouvrait tout ton corps. Chaque courant et ondulation, chaque frisson m’invitait à te vanter les bijoux que dessinerait sur ta peau la lumière, si seulement tu voulais y croire un peu.

J’ai rêvé que ce baiser qui depuis tant d’années t’attend affamé, avalerait comme la houle d’une seule et grande gorgée, toutes les petites étoiles que tu as sur la peau. J’ai rêvé que je me réveillerais apaisé et satisfait sur la plage d’or fin à l’orée de ton cœur, que je mangerais dans ta main toutes les miettes de la Beauté. Que tes paroles comme l’eau pure éteindraient tous les brasiers de ma peur.

Quoique je fasse, je ne parviens qu’à te blesser, à te grignoter la liberté et à t’engluer dans ma tourbe. Quoique tu fasses, telle que tu es et deviendras, je t’aime et te confie mon âme, cette méduse flasque qui en happant ta clarté se trouve avoir quelque aisance et laisse toujours traîner derrière elle, son fil meurtrier. Ne me laisse plus errer dans le noir, sans t’avoir à mes côtés, laisse-moi toujours le mot pour te retrouver.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.