Les fourmis

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Quand je ferme les yeux, elles grouillent. Elles passent du vert au bleu, du violet à l’orange et au rouge. Elles se répandent dans mon corps en commençant par le cœur. Elles parcellent mon cerveau, avancent par ondes, organisent le cahot. Les fourmis se débrouillent pour me tétaniser, imposer leur musique et un ordre militaire.Je ne sais plus que faire.

Elles ont pris d’assaut mon sang, mes vaisseaux. Elles m’invitent à leurs danses rituelles et tribales. Le bruit qu’elles font me condamne ou me brise.

Quand je ferme les yeux, le monde ne m’appartient plus, les phrases sont détruites, les mots disséqués. Les sens perdus.

Si j’ouvre les yeux, je vois vos bouchent qui mâchent les symptômes, cisaillent les promesses et mentent sans finesse. Je vois vos regards qui détournent mes appels aux secours, vos pieds qui foulent ce que mes silences ont tenté de murmurer en douce. Si j’ouvre les yeux, je vois vos hurlements griller mon âme sur le feu, prendre la maladie par les cheveux et la souder à mon front fiévreux.

Lorsque je dors, les fourmis se baladent sur mon corps, travaillent la nuit pour qu’elle porte le même voile que la mort.

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