Le langage des fleurs

 

Le ciel ouvre sa gueule béante et avale le jour. Il avance comme ces grands monstres marins, aveugle, indolent et nous couvre d’une menace qui ne tient jamais ses promesses. La pire des averses ne me fera pas fondre et les orages ne briseront pas mes tympans.

Après son passage, bien loin de son ombre ondulante, je couvrirai les berges, les plaies des chemins et des routes de ma petite tache rouge. Je convaincrai le monde de la nécessité de mon incroyable fragilité et de mon silence. Je ne serai pas seule, nous serons des milliers à pétiller comme des graines au soleil, à provoquer les jaunes et les verts trop vifs, les noirs trop gourmands et les boues immondes. À donner au printemps le même pouvoir illusoire que l’été. À être insaisissables, à peine moins fragiles qu’un pollen laissé à la merci du vent.

Nos seuls mots puissants sont : « j’attends » et « jusqu’au bout ». La plus grande part du temps nous narguons le monde, nous frémissons, nous nous évanouissons. Pas besoin d’un argument pour vouloir, d’un prétexte quelconque pour avancer. Votre folie à tuer nous a donné raison.

Le langage des fleurs

Ypérite

Au champ d’honneur
Coquelicot

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