Vois

©Bertrand Els

Quand il ferme les yeux il comprend

qu’il est habité par une mer intérieure

noire lourde veloutée

jamais les vagues ne dépassent la gorge

pour établir des mots sur une plage

jamais une formulation ne s’échoue

et le silence va d’un bout à l’autre de ses émotions

il pleure de longues heures jamais un sanglot

ne se perd en vol

dans le fond

cieux ensablés corrélations folles 

une voix interne parle en vagues

alterne ondes graves sinuosités glauques

une voix qui jamais de parle

n’aborde les mots 

comme des îlots

comme des armées à combattre

quand il ouvre les yeux il comprend

qu’un vitrail n’est pas une muraille

mais une porte ouverte à la

lumière