Ajourner

Edward Hopper

Un jour lourd comme le soupçon que l’on a de soi

que faire de lui aujourd’hui

l’occuper sans référence à tous les autres jours lourds vides comateux

démunis de larmes et de salives

un jour sourde virgule qui ne comprend pas le temps

mais pourtant le scande

un croc le mange, une serre l’encercle, la faim le broie

ce jour se nient se nouent se découplent

les racines de toutes les questions

la plus lourde se décompose

en – que- suis-je 

un jour parfait comme tous les autres

impossible à suporter