Lame

Bertrand Vanden Elsacker via Disoriented
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La feuille blanche de ton esprit, aussi légère qu’une spore, insaisissable te suit dans chacun de tes mouvements. Point de départ, envol, développement, issue, en combien de temps conçois-tu la symphonie qui ne me parle que de toi de détail en détail.

Bertrand Vanden Elsacker via Disoriented
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La feuille sur sa tranche la plus fine, ondule et module ton parcourt sans que tu puisses avec précision dire de quoi et à qui elle parle. Mais tous nous savons qu’elle évoque ta présence silencieuse et attentive, discrète et mystérieuse. Ton évaporation se décline en quelques notes colorées, en visions floues. Elle devrait se terminer par les certitudes dont ton existence s’acharne à questionner les ambivalences.

Bertrand Vanden Elsacker via Disoriented
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Comme un sépale révèle la fleur, la feuille propose une idée de toi. Elle accentue le détail, elle signale que tu n’es pas aussi absent qu’on le croit. À chaque instant, tu mesures sur le fil la beauté furtive des choses et des êtres vivants sans jamais la dégrader en humiliant.

Bertrand Vanden Elsacker via Disoriented
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La feuille blanche se baigne dans un semi-rêve. Un rien suffirait à rétablir un lien avec la réalité. Construction géométrique parfaite, abstraction de l’absurde lourdeur, la lumière sur le faîte excelle à suspendre le temps. Subtilement, tu serpentes parmi les matières, les couleurs. Tous les airs de printemps que tu as dans la tête s’inscrivent comme un rêve dans la mémoire de la personne qui se réveille un instant.