Mon sang
coule
comme de la confiture
Mon sang
coule
comme de la confiture
Les chevaux dans le ciel s’impatientent
l’attente immobile devient impossible
la peur
la fuite
se tiennent aux aguets
dans leurs crins
que les vents tourmentent
Le ciel est épais et prêt à bouillir
près de toi
comme le lait chaud
dans la casserole
La lune voudrait bien s’asseoir
sur la mer
ou sur la terre
la terre aimerait bien se taire dans la mer
et disparaitre
mais
de la place
il n’y en a qu’une
alors
c’est l’une
ou
l’autre.
Sa lancinante laideur longe lâchement les chemins laissés aux chimères
elle libère l’onction moelleuse de son venin de vipère
au cœur de ces villes livides et sans chairs
la laideur lance ses fleurs sans lendemain
et toi tu te dis que plus rien ne rime à rien.
C’est le temps
des bruits des feuilles
emportés par les vents
qui raclent les nuages
et crachent sur le soleil
c’est le vent emporté
par les bruits les feuilles
brûlés
c’est le temps
des râles
du bruits
des pleurs
et des nuages
qui arrachent tes soleils.
Il faut que j’avance alors que ce qui m’entoure me terrorise. Le monde qui m’entoure, je n’en comprends que l’horreur. Je ne lui approuve pas ses manières et rejette sa logique. Il me heurte, me brise, me révulse. Il me force à ne pas être. Le monde est négation absolue, forme noire et gluante. Ses lois changent constamment selon que cela l’arrange ou pas. Il ne produit que des soldats, des pions, les pièces d’un échiquier. Il les jètera toutes dans le même brasier.
Je n’ai pas d’autre choix que celui d’une marche forcée vers l’une de ses portes. Je tremble, j’ai peur, j’ai froid. Je suis suspendu à mon poing qui frappe et supplie. “please, open the door”.
Ses portes, vous, vous n’ignorez pas comment les ouvrir. Vous avez les bons trousseaux de clefs. vous trouvez les bons accords, les mots qui ouvrent les voies. Moi, je me limite à patienter, à dompter ma terreur, à trouver le silence, à attendre la paix. Je suis suspendu à une horrible peur, ma conscience. Je sais que je ne peux répondre à aucune de ses questions, correspondre à aucune catégorie et ne suis pas de taille. Pour satisfaire, il ne me faut pas être, mais faire et avoir.
Derrière les portes, il n’y a rien. Rien d’autre qu’une nouvelle porte. Fermée. Si par bonheur, elles s’ouvrent. La lumière provisoire ne me rassure pas toujours. Elle se refermera et me jètera dans le noir, me crachant une nouvelle fois: “tu n’es pas”.
Le monde, votre monde n’a que des portes. Fermées à clefs. Je ne peux en faire le tour. S’il ne tenait qu’à moi, si j’avais d’ autres choix, je ne me suspendrai pas au fil fragile de la prière et de la supplication. Je m’en irai en vous disant: “non, je n’en veux pas.”