Les feuillages les fruits
à peine noués
se froisse à la moindre foulée du vent
l’étoffe de plumes et de sifflements
de petites ombres se dispersent
et reviennent à l’appel langoureux et lent
de la tourterelle
mais toi ce que tu vois c’est le corps du serpent
qui enlace une branche
jusqu’à l’étouffement
parfois tu croises le regard ombreux du jaguar
sa parfaite fugue
personne pour te croire
si ce n’est celle qui vient boire
deux trois mots bien frais bien froids
et ponctue le monde de son regard
comme un grain de poivre noir.
