Ta merveilleuse planète

Max Ernst
Max Ernst

Tu regardes la mer s’azurer accoudé à quelques souvenirs

je te regarde ma main sur ton épaule ma tête posée sur l’autre

et je me dis que tu es soleil et que j’aimerais être paysage au couchant

mais je suis fantôme et mes baisers n’ont aucune substance

pas la force qui pourrait réchauffer ton cœur quand il se glace

face à la mort qui te montre le poignard qu’elle a planté dans tous ceux que tu aimes

tu sifflotes car l’or apposé à cette fin de journée comme à la tranche d’un livre de magie

remplit le gosier de l’oiseau rossignol

sa petite pupille brille dans les larmes que ton âme produit afin de toujours

faire reluire la réalité

de cette indéfinissable beauté qui t’alimente en secret

ta voix s’envole vers le col des montagnes dont tu sens grandir

dans ton dos les impitoyables ombres noires

tu frissonnes et lorsque tu t’apprêtes à rejoindre ceux qui haussent les épaules

en te rappelant l’amer goût du néant

je te retiens en murmurant à ton oreille

il est encore tant

à rêver

 

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