L’arbre qui chante

Forest of Denial by Jon Damaschke

Forest of Denial by Jon Damaschke

Parmi les aiguilles les pommes de pin frétillent

la mer défend au temps de me ronger le cœur

la longue traîne de sa robe veloutée avance

lentement vers le ciel gorgé de nuages aux reflets de perle

la mer ne se laisse plus froisser en rythme par les rochers

elle progresse envoûtée

Les pommes de pin pépient

parmi les pupilles les taches d’ombre les mouvements de têtes vifs

les coups de bec furtifs

les pommes de pin vocalisent

chaque cri grésille

chaque phrase s’enchevêtre dans une autre phrase

chaque bruit donne naissance à un espace qui se pare

d’une couleur, d’une odeur, d’un souvenir

Ni le soleil ni le vent ni mon corps qui se recouvre de plumes frissonnantes

ne semblent être tenus à l’écart comme des étrangers

chaque pierre chaque grain chaque chose de l’univers se noue

aux racines de l’arbre qui chante

à chaque instant j’en suis consciente la disparition menace

d’un seul élan l’arbre comme un essaim s’envolera dans la nuée

la plupart des humains qui se croient capables de construire l’histoire

de l’écrire en ne retenant que l’important

ne signaleront même pas cet instant essentiel

de la vie quotidienne ce moment où soudain je me réveille

enchantée d’appartenir encore et malgré tout à une

somptueuse réalité.

2 commentaires sur « L’arbre qui chante »

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