Les nénuphars

Les nénuphars, Claude Monet, 1917

 

Papa,

 

Quand je ne sais plus quoi

faire de mes dix doigts

tu me prends la main

et me dis regarde je suis là

parfois je sens combien

tu es sombre triste lointain

parfois je sais combien

tu aimes à te jouer de mon ombre

marcher derrière moi en te moquant

chère enfant ne vois-tu pas que je t’aime

j’aimerais mettre ma main dans la tienne

pour qu’on contemple encore ensemble les mouvements incertains et lisses

de la rivière qui habite dans le nom d’une fleur.

 

 

 

 

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