Petit chat

Source: frydogdesign.blogspot.com via machinn on Pinterest

Son corps a échoué sur le canapé. Il est comme les cadavres flasques des méduses échouées sur les plages par les marées. Ma mère pue et me répugne. Même lorsqu’elle n’est pas ivre, je me méfie de ses tentacules urticants. Ses maigres élans d’affections sont comme des typhons, ils vous attirent vers le fond, vous blessent et vous perdent au lieu de vous réconforter ou vous construire. Il faudrait que je sois comme elle, évaporée avec les vapeurs d’alcool, blasée, suspicieuse. Je préfère être dissipée et le plus loin d’elle.

Pour l’instant, je survis parmi elle et ses bouteilles et ses rages. Pour ne pas céder à son congénital ennui, à ses malaises, à ses turpitudes, je me suis inventée une autre mère. Une mère qui n’aurait pas ce cœur pourri, cette cervelle ravagée, cette parole méchante. Je me suis inventée une sainte qui toujours me regarde, qui m’écoute quand je lui parle. Elle signe en se servant de ma plus belle écriture mes bulletins scolaires et mon journal de classe. Son ombre douce et chaude m’entoure et m’encourage. Lorsque je suis à ma table de travail et que je fais mes devoirs, apprends mes leçons, elle se tait et reste sage. Elle se réfugie parfois dans le regard de mon chat quand il m’attend allongé au soleil, sur le trottoir en face de la maison. Il est toujours rigolo mon chat et ne se demande pas pourquoi parfois je pleure si fort que rien ne peut m’arrêter.

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