L’absente transparence

Regarde ce que tes phrases moribondes creusent en moi : une onde de choc, un cratère, un trou qui ne se referme pas. Ne vois-tu donc pas que je suis la transparence et que je suis destinée à caresser les choses, à donner aux évènements une fluidité, une certaine forme de l’absence ? Cesse de croire que je n’existe pas et qu’il faut camoufler ton cœur pour qu’il soit beau et qu’on y croie, qu’il faut tailler tes idées pour qu’elles soient complètes. Cesse donc de paraître, tu vaux tellement mieux que tout cela !

Combien de temps vas-tu encore assécher tes phrases, les enchâsser d’emphases, les laisser se goinfrer de cendres et s’habituer aux poussières du passé au quel plus personne ne croit? T’embourber dans les marécages, t’assister au triste spectacle que tu offres de toi-même? Combien de temps vas-tu perdre à évider le monde, à concasser l’harmonie, à obéir à la diète des règles dictées avec absurdité par une certaine intelligentsia littéraire ?

Relis, reprends et dépose-moi dans la paume de ta main. Redeviens-toi, pur et tendre, ruisselant de rosée, cesse de compter les secondes et les traces de pieds que tu as laissées derrière toi. Abolis ce qui te lie. Arrange un face à face avec la sensualité et le goût, avec l’instant, avec la vie. Ta larme, ta joie, ta beauté épanouies dans les plis de ton sourire ont tellement plus de poids, que ce semblant et le néant que tu tires lourdement partout où tu vas.

N’oublie pas que pour dépeindre ta peine, on utilise à peine, on ne laisse que la pointe du noir effleurer la surface de ce qu’on veut démontrer.Tout le reste est fluide et transparence. On démonte toutes les pièces de cette horloge, personne ne t’oblige à les remonter telles qu’elles t’ont été présentées.

Allons, ne laisse pas les cons marcher dans tes textes avec leurs bottes de soldats et leurs odeurs de graisse. Recommence jusqu’à ce qu’on ne me voit, jusqu’à ce que je n’existe presque plus et rien que pour toi. Apprends à rouvrir les yeux comme une première fois.

écrit suite à tout ce que j’ai pu lire de mauvais (en moins d’une soirée et de deux ou trois pas de souris) dans le monde intersidéral du net « littéraire ». Par respect pour les êtres humains, derrière ce cirque, je m’abstiens de mettre les liens, je m’efforce d’oublier que je ne suis qu’une miette.

Tous, n’ont pas vécu la fulgurante révolution qui s’est produite il y a presque 600 ans, dans la larme peinte sur une joue, infime détail alliant pigments noirs et blancs, pour rendre la transparence.

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